mardi 18 septembre 2018
Grands daims du domaine de Laplanque Grands daims du domaine de Laplanque ©E Joly

De plus en plus de daims

Classé comme animal de parc, le daim vit pourtant à l’état sauvage dans certains départements. C’est un cervidé qui aime les bois et la grande futaie sans dédaigner pour autant les clairières ensoleillées. Ses bois “palmés” fournissent des trophées appréciés.

Laissons parler les chiffres : en 1983, il se tuait 179 daims sauvages, dans 14 départements. Presque 30 ans après le nombre de réalisations était de plus de 1 000 daims pour une cinquantaine de départements. Pour la saison 2016-2017 l’attribution du plan de chasse était de 3 270 animaux pour un prélèvement effectif de 1 472. Les cas d’animaux échappés des parcs et enclos sont très fréquents. La tempête de 1999 a ainsi ouvert les vannes et les daims sont apparus en Charente, Dordogne, Landes, Meurthe-et-Moselle, Seine-Maritime par exemple. L’animal est-il autochtone ? D’une certaine façon oui. Il était largement représenté dans toute l’Europe avant la dernière glaciation (- 60 000 à - 10 000 ans av J.C.). Il aurait ensuite été réintroduit en Europe par les Romains à partir de 150 ans après J.C. En France il est très utilisé en parc, car c’est un animal sociable et décoratif. Paisible, il s’épanouit tout seul et débroussaille plutôt bien. On l’introduit facilement sur une propriété. D’autant qu’il a fière allure sur la pelouse devant le château ! On l’élève aussi pour la venaison car sa viande est très prisée. Et, bien sûr, en enclos de chasse. Le daim a toujours été apprécié des princes et des seigneurs sous la royauté. On le chassait volontiers à courre.
Aujourd’hui, la population sauvage la plus importante est la population alsacienne à cheval sur les départements du Bas-Rhin et du Haut-Rhin. Elle compte près d’un millier de têtes avant naissances. En Seine-et-Marne il existe une population sauvage estimée à environ 200 animaux. Une population d’une centaine de têtes occupe les Pyrénées Orientales, d’autres sont installées dans l’Essonne, dans la Loire et dans l’Indre. 

Un seul faon

C’est une espèce sociable. La taille des hardes, réduite à quelques têtes en milieu forestier peut dépasser 30 têtes en milieu ouvert. Un groupe stable est constitué d’une ou deux daines avec le faon de l’année et éventuellement celui de l’année précédente.
Les mâles rejoignent le territoire des femelles vers fin septembre, à l’approche de la période de rut. Le reste de l’année les mâles vivent seuls ouen petits groupes ne comprenant en général pas plus de six animaux.
Le rut a lieu du 10 octobre au 10 novembre environ. Durant cette période le mâle va grogner pour alerter les femelles de sa présence et il peut également se livrer à des combats contre des mâles rivaux. La daine donne naissance en juin à un faon de 4 kg environ après 8 mois de gestation. Comme pour le cerf élaphe, le daim est polygame et l’intérêt pour les mâles est d’avoir le plus grand harem possible. Les naissances multiples sont très rares. Pendant les 3 premières semaines de sa vie le faon reste caché, et sa mère vient l’allaiter 5 ou 6 fois par jour. Il suit ensuite sa mère qui a rejoint le groupe social, et il peut former avec d’autres faons des petits groupes en périphérie de la harde principale. Le daim peut vivre jusqu’à 15-20 ans, mais il dépasse rarement 10 ans en milieu ouvert. Le taux de mortalité est le plus élevé durant les premiers mois de vie. Le biotope qu’il affectionne est la forêt claire de feuillus, mais il s’adapte facilement à des environnements très divers. 

Grands trophées 

Les mâles ont des bois qui commencent à pousser à partir de 6 mois. Un cycle annuel va ainsi s’effectuer chaque année. Les bois vont pousser vers le mois de juin avec une fine couche de velours. Les mâles vont les frotter contre les arbres courant août et septembre pour faire disparaître cette peau et être prêts pour la période du rut. Les bois tomberont pendant le mois de mai. 
Côté chasse beaucoup apprécient le daim surtout s’il porte d’imposants bois palmés. La chasse est sélective et indispensable pour éviter à la fois le trop-plein d’animaux et la consanguinité. L’espèce est soumise au plan de chasse. Si on tire le daim en milieu ouvert la majorité des prises se font en parc clos. On vient sur tel ou tel site pour ajuster un grand animal. Le domaine de Laplanque (Aveyron) s’est ainsi spécialisé dans le tir de très grands trophées et notamment de trophées de daims. Ces derniers rivalisent avec ceux que l’on trouve dans les pays de l’est, Bulgarie, Hongrie et Roumanie notamment. On chasse à l’approche à l’aube ou au crépuscule. Les grands animaux sont là, reste à les mettre à bonne portée ce qui n’est pas toujours facile. Chasser de très grands daims en milieu ouvert n’est possible que chez certains particuliers ou à l’étranger, en Hongrie notamment. Dans ce pays on le chasse principalement au moment du raire début octobre et les animaux sont souvent actifs toute la journée. La difficulté sera de choisir un animal ayant les “pelles” souhaitées.La population de daims dans ce pays est d’une excellente qualité : la plupart des trophées du classement mondial proviennent de daims hongrois. Au total 12 000 daims sont pris par an dont 2 500 mâles. La proportion des daims médaillés sur les chasses nationales atteint près de 80 %. Parmi les 30 plus grands trophées CIC(*), 18 sont hongrois. Moins courant que le cerf mais très élégant et magnifique avec ses bois palmés et son corps moucheté, le daim conserve une place de choix au palmarès cynégétique.

 (*) Conseil internatonnal de la chasse et de la conservation du gibier.

E Joly

Le Betteravier français, le journal de référence des planteurs depuis 1952, qui décrypte l'actualité de la filière betterave-sucre et des grandes cultures avec ses 18 numéros et ses 2 cahiers spéciaux par an.