vendredi 16 novembre 2018

Articles liés au sujet " bio "


Cristal Union prêt pour sa première récolte de betteraves bio

Le groupe coopératif va arracher dans quelques jours ses premières betteraves bio cultivées à grande échelle. Premiers retours d’expériences.

Depuis le printemps, Cristal Union mène des cultures de betteraves bio, pour la première fois à grande échelle. Sur près de 150 hectares, 25 agriculteurs, essentiellement au Sud de Paris, autour de Toury (Eure-et-Loir), Pithiviers (Loiret) et Corbeilles-en-Gâtinais (Loiret), se sont engagés dans la démarche. Déjà producteur de luzerne bio dans cette région, le groupe a souhaité développer ce mode de production en betterave en s’appuyant sur le savoir-faire de producteurs déjà convertis. « Le désherbage a été le point critique numéro 1. Dans 80 % des cas, il a été bien maîtrisé avec un faible impact attendu sur le rendement », explique William Huet, le responsable du département agronomie de Cristal Union. Différents systèmes ont été utilisés, à commencer par du binage sur l’inter-rang avec des lames Lelievre, des pattes d’oie et des moulinets. Pour protéger les betteraves dans les rayons, des plaques montées sur la bineuse ont été utilisées.

Désherbage manuel cet été

Le service agronomie de Cristal Union a accompagné les agriculteurs dans cette nouvelle culture. « Beaucoup d’entre eux connaissaient les techniques de binage, notamment en légumes. Les autres ont été mis en lien avec des ETA pour leur apporter du matériel », détaille William Huet. Une autre technique utilisée a consisté à brûler les adventices. Elle a été effectuée sur certaines parcelles juste après le semis et avant la levée des betteraves. Pour l’an prochain, Cristal Union prévoit de mettre à disposition de ses adhérents une bineuse inédite à six rangs, construite par Garford, actuellement en test.
En complément du désherbage mécanique, des opérations manuelles ont été réalisées au printemps et pendant l’été, une fois le rayon couvert par les feuilles de betteraves. « 30 heures de travail par hectare ont été nécessaires sur chaque rayon. Dans certains cas plus difficiles, il a fallu jusqu’à 100 heures ! », souligne William Huet.

Des ronds de jaunisse

Du côté des maladies, le pire a semblet-il été évité. « Malgré une pression forte de la cercosporiose, le résultat est satisfaisant, car nous avons utilisé des variétés très tolérantes et, dans certains cas, un mélange de cuivre et de soufre autorisé en bio », explique le responsable du département agronomie de Cristal Union. En matière d’insectes, le puceron vert a été observé à partir du mois de mai, engendrant des petits ronds de jaunisse quelques semaines plus tard. « Mais cela est peu étendu à ce jour. Les auxiliaires présents, comme les coccinelles et larves de syrphe, ont freiné le développement », estime William Huet. Dans quelques jours, des prélèvements seront effectués pour analyser précisément les conséquences de la jaunisse sur les rendements. Sur la base des rendements escomptés et de l’étude de charges proportionnelles liées à la production bio, réalisées en 2017, les betteraves seront achetées en 2018 à 75 €/t à 16°s. En attendant, les sucreries de Pithiviers et Corbeilles-en-Gâtinais (Loiret) sont en cours de certification pour transformer les betteraves bio dans quelques semaines.

Adrien Cahuzac


14 septembre 2018

L’ITB lance une expérimentation sur les betteraves bios

Pour la première fois, l’Institut technique de la betterave (ITB) mène une étude en plein champ sur la culture de la betterave bio. Premier épisode d’une série d’articles qui s’achèvera à la rentrée.


C’est dans l’Aisne, à Liesse-Notre-Dame, que l’ITB a lancé fin avril une expérimentation sur la culture de betteraves bio. « L’idée a germé l’an passé, pour répondre aux besoins des marchés et des attentes sociétales de plus en plus fortes. Le bio fait partie du programme de l’ITB pour les 10 prochaines années », explique Fabienne Maupas, responsable du département scientifique et technique de l’institut. Le Betteravier français a décidé de suivre cette étude inédite et d’en faire écho tous les mois, jusqu’à la rentrée. L’exploitation agricole choisie pour mener ce travail n’est pas une inconnue pour l’ITB. « Il s’agit d’une ferme en pointe pour les réductions des intrants sur laquelle nous avions déjà travaillé depuis plusieurs années », détaille Ghislain Malatesta, responsable du département expérimentation et expertises régionales. Une partie de cette exploitation de 800 hectares est passée en bio il y a deux ans, pour produire des haricots verts, du maïs et de l’orge de printemps. « L’agriculteur avait arrêté la bette- rave, mais il souhaitait la relancer en bio. Ils nous ont contactés pour que l’on puisse les aider », souligne Jean-Charles Germain, responsable du projet. Sur 60 hectares en bio, 6 sont consacrés à la betterave.

Semis sous serre et repiquage
« Faute de pouvoir se procurer des semences certifiées bio, nous avons utilisé des semences conventionnelles, tolérantes aux principales maladies, cercosporiose et oïdium notamment, mais non traitées par des phytosanitaires. Nous avons eu une dérogation d’utilisation », explique Ghislain Malatesta. Un mois plus tard, entre les 25 et 27 avril, les plants ont ensuite été repiqués en pleine terre, arrivés au stade 6 feuilles. Le repiquage a été effectué à l’aide de planteuses à tabac. « Cela permet d’avoir des plants qui résistent davantage au désherbage mécanique sur le rang et l’inter-rang », souligne Jean-Charles Germain, qui assure que les « résultats ont été bons ». Depuis le repiquage, deux désherbages ont eu lieu, les 4 et 7 mai, à l’aide d’une herse étrille, avec réglages de pression.
Les betteraves arrachées à la rentrée, seront envoyées à la sucrerie de Pithiviers (Loiret) chez Cristal Union, pour être transformées avant les betteraves conventionnelles. La coopérative effectue également, de son côté, un essai en betteraves bio sur près de 150 hectares (lire Le Betteravier français n°1071 du 27 février, page 11). L’expérimentation de l’ITB vise à apporter des solutions aux agriculteurs, dans l’utilisation d’alternatives aux produits chimiques, de manière rentable. Une partie du projet sera d’ailleurs consacrée à l’étude des différents coûts induits. « L’objectif est d’arriver à un rendement de 50 tonnes par hectare minimum. C’est le seuil de rentabilité », estime Ghislain Malatesta. À suivre...

Adrien Cahuzac


28 mai 2018
Le Betteravier français, le journal de référence des planteurs depuis 1952, qui décrypte l'actualité de la filière betterave-sucre et des grandes cultures avec ses 18 numéros et ses 2 cahiers spéciaux par an.