lundi 17 décembre 2018
media connecte à la terre media connecte à la terre media connecte à la terre Betteravier de l'année 2019
Des betteraves desséchées et brûlées dans le Gâtinais. La région a été fortement touchée par la sécheresse. Des betteraves desséchées et brûlées dans le Gâtinais. La région a été fortement touchée par la sécheresse. ©FX Duquenne

Gros coup de chaud dans la plaine betteravière

La sécheresse continue de malmener les betteraves. Les maladies foliaires - surtout la cercosporiose - poursuivent leur développement.

La météo n’a laissé aucun répit à la betterave. Après un mois d’août particulièrement chaud et sec, septembre est resté sur la même tendance.

Les champs de betteraves sont très hétérogènes, il est donc difficile d’estimer le rendement national moyen. C’est pourquoi la CGB maintient son estimation de rendement de 86 t/ha à 16°S, ce qui représente une baisse de rendement de plus de 11 % par rapport à l’an dernier. Cependant, les résultats des premières réceptions montrent des rendements beaucoup plus faibles.

Les conditions d’arrachages sont globalement difficiles. Mais, comme pour les rendements, la situation est très hétérogène. « Les premiers arrachages se font dans des terres très dures, notamment dans l’Oise, la Marne, le sud de Paris et les Limagnes et dans les cas extrèmes les matériels d’arrachage n’arrivent même pas à pénétrer le sol», explique Jean-Louis Striebig responsable du département technique de la CGB.

Dans les Hauts-de-France, les rendements devraient atteindre la moyenne quinquennale. « Après un mois de juillet bien sec, les pluies du mois d’août ont redonné de belles couleurs aux parcelles de betteraves », constate Vincent Delanoy de l’ITB Nord Pas-de-Calais. Cependant, la pression des maladies très forte. « L’oïdium et la cercosporiose les sont maladies dominantes cette année, annonce Thierry Leclère de l’ITB Somme. La cercosporiose est plus particulièrement présente sur l’est du département mais remonte vers Amiens et l’ouest ». La cercosporiose est également présente dans l’Aisne et le délégué ITB, François Courtaux, note que « le choix de variété peu sensible permet d’aller jusqu’en novembre avec 2 traitements ».

En Champagne, la cercosporiose est arrivée très précocement et a été très difficile à gérer. Les premiers traitements ont été réalisés mi juin. 55 % des parcelles suivies dans le BSV ont justifié 3 interventions et 12 % ont même nécessité un 4e traitement !

Au niveau des rendements, la situation est beaucoup plus difficile que dans les Hauts-de-France. « Fin août on pouvait constater un déficit de pluie de 100 mm pour les mois de juillet et d’août et aucune précipitation n’est tombée les deux premières semaines de septembre, s’alarme Pascal Amette de l’ITB Champagne- Yonne. Les betteraves ont perdu deux tiers de leurs feuilles par rapport à la situation de fin juillet. »

Pour l’Ile-de-France, Henry de Balathier va même jusqu’à qualifier la situation de « désastreuse et inquiétante ». Dans certains secteurs, il n’est tombé que 25 mm depuis le 1er juillet !

François-Xavier Duquenne

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Le Betteravier français, le journal de référence des planteurs depuis 1952, qui décrypte l'actualité de la filière betterave-sucre et des grandes cultures avec ses 18 numéros et ses 2 cahiers spéciaux par an.