mercredi 14 novembre 2018
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Guillaume Burel (Seine-Maritime) : au top de la technologie laitière

Planteurs de betteraves en Seine-Maritime, Aurélie et Guillaume Burel sont à la tête d’un troupeau laitier de 130 vaches. Depuis 2 ans, la traite est entièrement automatisée avec un robot 3 box ultra moderne. Résultat : la production a augmenté de 5 à 10 %.


8 novembre 2018

La betterave séduit les jeunes agriculteurs de Seine-Maritime

La Seine-Maritime est une région betteravière et veut le rester. Les jeunes agriculteurs en ont fait leur thème principal, lors du dernier festival de la terre organisé début septembre.

 

Quelques jours seulement avant le début de la nouvelle campagne betteravière en Seine-Maritime, qui a commencé le 14 septembre, les jeunes agriculteurs avaient choisi la betterave sucrière comme thème principal de leur grande manifestation de rentrée.

Cette année, le festival de la terre qui a réuni sur 2 jours quelque 7 000 visiteurs se déroulait non loin de la sucrerie de Fontaine-le-Dun. Une bonne raison pour les JA 76 de mettre l'accent sur cette culture phare dans la région normande avec plus de 1 300 planteurs sur une superficie de près de 15 000 hectares.

Pour Thibaut Georges, jeune président du cercle des JA de Saint-Laurent-en-Caux près de Doudeville et à l'initiative de cette manifestation, avec Guillaume Cabot président des JA 76, « il est important de faire découvrir la production de betteraves sucrières au grand public et de sensibiliser les jeunes agriculteurs du département à cette culture. Elle offre en plus de la production de sucre, d'alcool et de biocarburants, de nombreux coproduits pour l'élevage avec la pulpe de betteraves, les collets et la mélasse ».

Un pôle tout spécialement dédié à la betterave était présenté avec le concours du syndicat betteravier de Normandie, de l'institut technique betteravier (ITB) et de la coopérative Cristal Union dont fait partie la sucrerie de Fontaine-le-Dun.

« La filière betteravière joue un rôle économique important dans la région », a rappelé le président des JA 76, lui-même planteur de betteraves à Bretteville-Saint-Laurent.

« C'est la première fois que la coopérative sucrière Cristal Union est associée à ce type de manifestation des jeunes en Normandie. C'est une belle occasion pour nous et tous les partenaires de la filière sucre de montrer les intérêts et les perspectives de développement de la betterave à sucre dans cette région en répondant également aux interrogations sur le devenir de la filière », a déclaré le nouveau directeur de la sucrerie, Patrice Petit, qui prévoit une campagne 2018-2019 de 130 à 135 jours avec des rendements moyens de 15,5 tonnes de sucre/hectare.

 

Patrice Lefebvre


9 octobre 2018

David Deprez (Seine-Maritime), patatier de père en fils

En Normandie, la filière agroalimentaire est une filière d’excellence portée par des productions comme la pomme de terre. David Deprez, planteur près de Dieppe, en cultive sur 40 hectares. Zoom sur ce planteur, patatier dans l’âme.

La Normandie est la cinquième région productrice de pommes de terre en France avec plus de 450 000 tonnes récoltées sur près de 10 000 hectares en 2016-2017. David Deprez a pris le virage de cette filière, comme son père Jacques, car chez les Deprez on est patatier dans l’âme et de père en fils. L’agriculteur, âgé de 48 ans, est installé à Auppegard près de Dieppe sur la ferme familiale de 160 hectares avec deux salariés. Il produit du blé, du lin textile, du colza, des pommes de terre de consommation, des betteraves sucrières livrée à la sucrerie de Fontaine-le-Dun, des betteraves rouges et des salsifis pour le groupe Bonduelle. David Deprez joue la carte de la diversification comme pour la pomme de terre. « Pas question de mettre tous les oeufs dans le même panier, car le marché de la pomme de terre est très fluctuant et volatil », explique l’agriculteur cauchois. Le planteur était présent au salon de l’agriculture à Paris sur le stand du Comité national interprofessionnel de la pomme de terre (CNIPT). « J’ai été surpris de constater l’intérêt des consommateurs pour ce tubercule, qui est très apprécié et reste un aliment fondamental, voire incontournable dans l’alimentation des Français », se réjouit l’agriculteur.

Une production “très spéculative”
Il produit un tiers de sa surface pour le marché du frais, la première gamme, destinée au marché franco-français, les GMS, grandes et moyennes surfaces. Ce sont des pommes de terre à chair ferme qui ne subissent aucun process de transformation, du type Charlotte, Annabelle ou encore Amandine. Le deuxième tiers est destiné à la 5e gamme pour Lunor, l’entreprise de légumes précuits sous vide reprise depuis peu par la coopérative agricole Cap Seine.
Les pommes de terre subissent plusieurs transformations. Elles sont lavées, calibrées, cuites et emballées sous vide. Enfin, le dernier tiers de la production est vendu sous contrat au groupe hollandais Aviko, qui transforme les pommes de terre en frites surgelées sur l’ensemble de l’Europe. Si David Deprez a fait ce choix de la diversification, c’est parce que la production de pommes de terre est « très spéculative » sur un marché totalement libre et ouvert sur l’Europe avec des pays, comme la Belgique et la Hollande, qui sont de gros producteurs, explique l’agriculteur. Le marché de la chair ferme est significatif. La récolte 2016 en première gamme s’est vendue 350 € la tonne contre 70 € en 2017. La raison est simple : « en 2016, ça a été très compliqué avec beaucoup d’eau et une forte pression du mildiou. Puis, il a fait sec et les pommes de terre ont éclaté. Résultat : 20 % de rendement en moins, une demande très forte et des prix à la hausse. S’en est suivie une augmentation des surfaces l’année suivante et une chute des cours. »

Ruée vers l’or jaune
Le tubercule fait l’objet d’une ruée vers l’or jaune. Mais David Deprez n’a pas succombé aux sirènes… des prix qui flambent, parce que c’est un vrai patatier qui sait qu’une « année ne fait pas l’autre et qu’il faut garder raison. » C’est pourquoi il a contractualisé les deux tiers de sa production de pommes de terre avec un contrat signé en février avant la plantation qui fixe les prix et les volumes pour « répartir les risques », indique David Deprez. « Nous avons un terrain très favorable à cette plantation. On produit de la pomme de terre comme des betteraves sucrières, sans arroser contrairement à d’autres régions en France comme la Beauce où il faut irriguer les sols. Mais la pomme de terre exige une grande technicité et de gros investissements pour la récolte et le stockage ». Deux bâtiments sont dédiés au stockage des tubercules avec un frigo de 1 000 mètres carrés pour stocker 1 300 tonnes de pommes de terre en caisses en bois et 500 tonnes en vrac. David Deprez est en Cuma avec quatre autres producteurs pour planter et récolter. Il ne fait pas de labour, mais un décompactage de la terre et un tamisage pour obtenir une terre criblée sans cailloux qui génèrent des chocs sur les pommes de terre. En première gamme, elles doivent être parfaites avec un calibre homogène, sans défauts, sans taches, sans aspérités et de belle couleur.

Réduire les phytos
Chez David Deprez, la pomme de terre assure en moyenne 50 % du revenu de l’exploitation agricole en couvrant seulement un quart de la surface et 70 % dans une bonne année. Mais elle peut aussi être génératrice de déficit, tempère l’agriculteur. L’enjeu de demain pour les producteurs de pommes de terre est de réduire les phytos en travaillant sur de nouvelles variétés résistantes au mildiou. David Deprez travaille avec un outil d’aide à la décision Mileos et une station météo qui lui permet de réduire ses passages de fongicides. « C’est un gros sujet car le tubercule craint les maladies. Le mildiou est un champignon qui attaque le feuillage. C’est le nerf de la guerre pour les producteurs ».

Patrice Lefebvre

 

 

 

 


23 août 2018
Le Betteravier français, le journal de référence des planteurs depuis 1952, qui décrypte l'actualité de la filière betterave-sucre et des grandes cultures avec ses 18 numéros et ses 2 cahiers spéciaux par an.