Après des études agricoles et une expérience en tant que responsable de silo, « un objectif de gamin » comme il le décrit lui-même, Benjamin Brisson s’installe comme agriculteur en novembre 2021. Il reprend la suite de son père, aujourd’hui salarié de la ferme familiale.
À ses côtés, sa sœur assure la cogérance de l’exploitation et s’occupe d’un atelier de maraîchage bio. C’est avec enthousiasme qu’il revendique son métier d’agriculteur, une fierté qu’il partage sur les réseaux sociaux, un rêve devenu réalité où il mêle humour et joie de vivre.
Un système intensif mais réfléchi
« Banquier à l’origine, mon père a fait le grand saut en s’installant sur l’exploitation de mes grands-parents maternels, alors d’une petite centaine d’hectares. Son expérience professionnelle lui a apporté des compétences en comptabilité ainsi qu’en gestion et une grande capacité de réflexion. Il fut l’un des précurseurs de l’agriculture raisonnée », raconte fièrement Benjamin Brisson.
En 2021, il reprend le flambeau sur une exploitation qui compte désormais 187 hectares. Benjamin a construit un hangar de 2 000 m², qu’il loue à son négoce pour stocker environ 5 000 tonnes de grains par an. La toiture est équipée d’une installation photovoltaïque qui produit 178 kWc, avec une capacité d’extension à 200 kWc. « Sur une exploitation de grandes cultures comme la mienne, il convient toujours de trouver la petite solution en plus qui permet de dégager un revenu supplémentaire », souligne-t-il. C’est également dans cette logique qu’il produit de la semence de blé hybride, via un contrat rémunérateur établi avec son négoce.
En parallèle, le jeune agriculteur explore de nouvelles techniques pour faire face à la réduction des produits phytosanitaires : il bine ses betteraves et recourt à la herse étrille pour désherber le blé ou la luzerne, une alternative encore peu pratiquée en raison de créneaux météo difficiles à saisir. « Je prône une agriculture intensive mais réfléchie. Chaque intervention que je fais est justifiée », précise-t-il.
TikTok, pour des vidéos courtes
Le 8 janvier 2024 est une date bien ancrée dans son esprit. Benjamin Brisson décide de communiquer sur les réseaux sociaux afin d’expliquer son métier et d’en modifier l’image. « Je veux montrer qu’un agriculteur céréalier, même s’il a un style de vie agréable et du matériel performant, est aussi confronté à des difficultés ».
Pour tenter l’expérience, il débute sur TikTok où il partage son quotidien à travers de courtes vidéos. L’ascension est rapide : à ce jour, il compte 12 000 abonnés.
En 2025, il innove avec une série originale : une saison, une culture, une parcelle. « J’ai mis en avant la betterave. Malheureusement, ce n’était pas la meilleure année : j’ai obtenu un rendement moyen de 44 tonnes, qui s’explique par la sécheresse peu après le semis. J’ai alors révélé mes pertes économiques, 2 000 euros/ha. Ce fut aussi l’occasion d’expliquer mon approche globale en intégrant les charges, les emprunts, le fermage, etc. Les gens comprennent mieux et réagissent », souligne-t-il. Pour 2026, il prévoit de mettre en avant la culture de la lentille.
YouTube, pour plus de contenus
La plateforme YouTube reste son moyen de communication de prédilection, même si elle nécessite jusqu’à cinq heures pour monter une vidéo. « Je peux détailler toutes les facettes du métier, sans tabou, car les vidéos sont plus longues. Je fais en sorte que le contenu soit accessible à tous et de faire passer des messages avec une touche d’humour », explique Benjamin Brisson. En seulement six mois, il rassemble déjà 3 000 abonnés qu’il souhaite voir encore plus nombreux. Cette communauté est pour lui un moyen de rencontrer des personnes de profils différents, ainsi que des créateurs de contenus avec qui réaliser des vidéos.
Pour son dynamisme, Benjamin Brisson a remporté un trophée lors du concours de l’espoir de l’influence agricole 2025 organisé par le média Sous les hangars. « Cette récompense motive à poursuivre et à faire plus », confie-t-il. D’ailleurs, il envisage de communiquer sur Instagram afin d’augmenter sa visibilité sur les réseaux sociaux.
Miss Better, pour communiquer sur la betterave
Pour Benjamin, la communication ne s’arrête pas là. Depuis octobre dernier, il a rejoint une équipe d’une quinzaine agriculteurs en tant qu’ambassadeur Miss Better afin de promouvoir la filière betterave. « Cet engagement est une nouvelle opportunité de rencontrer des agriculteurs de régions et de système différents, d’appartenir à un groupe de partage de connaissances et d’être soutenu dans nos pratiques de communication. Chaque ambassadeur possède ses propres spécificités, nous sommes tous complémentaires », indique-t-il. L’agriculteur marnais apprécie cette prise de parole, qui lui permet de valoriser son métier et de gagner en reconnaissance.


