Encore peu documenté, le Rhizopus a fait de gros ravages dans les champs de betteraves cette année. Pour résumer l’état des connaissances actuelles, l’Institut technique de la betterave a donc publié, le 25 septembre, une nouvelle fiche bioagresseurs, consacrée au champignon. L’ITB y présente notamment les symptômes, foliaires et racinaires, permettant d’identifier la maladie, car le Rhizopus « peut être confondu avec divers bioagresseurs racinaires, en début d’infestation lorsque le feuillage flétrit, et surtout lorsque les betteraves sont pourries », précise l’institut.
Le plus grand risque de confusion concerne l’Erwinia, qui se développe cependant dans des sols en excès d’eau, donc dans des conditions inverses à celles étant propices au Rhizopus (épisodes caniculaires, stress hydrique, blessures). Plus la betterave est pourrie, plus le champignon est difficile à identifier, en raison de la présence d’autres champignons ou bactéries « opportunistes » venant s’attaquer à la racine affaiblie.
Un effet variétal à consolider
La fiche de l’ITB note également l’absence, pour l’heure, de réelles mesures de prévention du Rhizopus. Dans ce cadre, l’institut conseille de limiter autant que possible le stress hydrique (car plus il est prononcé, plus l’infestation est forte), d’assurer le développement d’une végétation « homogène et saine », et de protéger les cultures contre les attaques de teignes, de charançons et d’altises, pour éviter le risque de blessures, qui sont des portes ouvertes aux infestations du champignon.
L’institut note néanmoins qu’un effet variétal a pu être observé sur certaines parcelles. « Dans un essai conduit en Champagne en 2026, certaines variétés sont passées de 5 à 10 % de betteraves pourries entre le 4 août et le 15 septembre, quand d’autres sont passées de 5 à 50 %. Ces résultats sont en cours de consolidation avec d’autres essais », précise l’ITB.
L’année 2026 se serait d’ailleurs particulièrement caractérisée par « l’effet coup de soleil » sur les betteraves, lié aux canicules successives de l’été. La dégradation du collet par les UV suffirait à créer une porte d’entrée au Rhizopus, tout comme le stress hydrique qui entraîne une défoliation et donc des microlésions. « Pour les betteraves les plus touchées, l’idéal serait de laisser sécher les betteraves et de les détruire ensuite rapidement, avec des outils à disques, en ne labourant pas les sols, pour éviter de conserver l’humidité », indique Alexis Hache, le président de l’ITB.