La palette de couleurs du champ d’Yves Coppé, agriculteur à Mousseaux-lès-Bray (77), est tristement terne, ce 17 septembre. Les quelques feuilles vertes sont bien seules dans cette parcelle de 30 hectares, terrassée par la sécheresse et les épisodes caniculaires du printemps et de l’été. « Depuis le 17 mai, nous n’avons eu ici que 40 mm de pluie, alors que 234 mm étaient tombés sur la même période l’année dernière, explique le planteur. C’est la première fois de ma vie, et de celle de mon père, qu’une parcelle ne va pas être récoltée. » Avec un rendement estimé à 15 t/ha, les betteraves ne seront pas sorties de terre. Le cas d’Yves Coppé est loin d’être isolé. Dans la zone des sucreries de Corbeilles et de Nangis, près de 3 000 hectares pourraient ne pas être arrachés, les betteraves étant séchées ou pourries. À Arcis-sur-Aube, Connantre et Nangis, les usines ne pourraient tourner qu’une cinquantaine de jours ! La situation est également critique en Alsace, dans l’Aube, le Centre-Val de Loire, la Champagne, l’Eure, toute l’Île-de-France, l’Oise et l’Yonne.
Selon la CGB, au 17 septembre, au niveau national, plus de 20 000 hectares pourraient ne pas être arrachés. C’est sept fois plus que les chiffres avancés une semaine avant. « Depuis une dizaine de jours, les betteraves se dégradent à vitesse grand V », constate Franck Sander, le président de la Confédération générale des planteurs de betteraves (CGB). Les températures étant encore relativement élevées, et la pluie absente, la situation empire un peu plus chaque jour. Alors, les planteurs s’interrogent : quelle proportion de leur surface sera refusée par leur usine ? Doivent-ils même arracher leur betteraves ?