L’ITB a actualisé sa typologie des stress hydriques observés en betterave avec les données de 2025 et 2026. Les résultats montrent une progression des situations de stress sévère depuis 2018 et confirment leur influence sur les rendements.
L’étude a été menée sur l’ensemble des départements betteraviers entre 2005 et 2026. L’analyse repose sur des mailles géographiques de 8 km × 8 km. Pour chacune d’elles, trois informations sont utilisées : la réserve utile des sols, les données climatiques Safran de Météo France ainsi que les surfaces de betteraves cultivées entre 2022 et 2025. Cette dernière information permet de pondérer les résultats afin qu’ils soient représentatifs des parcelles de betteraves à l’échelle départementale. À partir de ces données, le modèle Irribet développé par l’ITB permet de réaliser un bilan hydrique et de simuler quotidiennement le ratio ETR (1)/ETM (2). Cet indicateur traduit le niveau de satisfaction des besoins en eau de la culture. Les valeurs journalières sont ensuite regroupées par phases de 300 degrés-jours afin de distinguer différentes phases du cycle cultural de la betterave.
Cette approche permet d’estimer la probabilité d’apparition de stress hydrique et d’identifier les périodes les plus à risque dans chaque département. L’analyse a conduit à l’identification de quatre grands profils de stress hydrique, différenciés selon leur intensité et leur précocité (figure 1).
Le premier groupe, représenté en vert, correspond aux situations de faible stress. Le groupe jaune caractérise des stress précoces apparaissant dès le début de l’été. Le groupe orange regroupe les stress de fin de cycle. Enfin, le groupe rouge rassemble les situations les plus sévères, marquées par un déficit hydrique important sur une grande partie de la campagne, de l’été jusqu’à l’automne.
Des stress sévères plus fréquents
L’étude met également en évidence une évolution marquée au cours des années récentes (figure 1). Avant 2018, les situations de stress hydrique faible étaient les plus fréquentes avec 42 % des cas observés contre seulement 9 % de stress intense. Depuis 2018, la tendance s’est inversée : les situations de stress hydrique sévère représentent 48 % des cas étudiés, contre 23 % de faible stress. Les années 2022 et 2026 apparaissent comme particulièrement exceptionnelles, avec des niveaux de stress sévères observés dans l’ensemble des départements betteraviers.
Un impact confirmé sur les rendements
Les profils de stress hydrique ont également été comparés aux rendements départementaux issus des données Agreste. Les résultats confirment une bonne cohérence entre les conditions hydriques et les performances de la culture. Les situations les plus sévères sont associées à des rendements significativement plus faibles. Sur la période 2005-2025, le profil hydrique observé permet d’expliquer 66 % de la variabilité des rendements. Cette relation reflète à la fois l’effet direct du manque d’eau et ses conséquences indirectes, telles que le développement de certains bioagresseurs ou l’apparition de déséquilibres nutritionnels liés à une moindre disponibilité de l’eau dans le sol.
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(1) ETR (Évapotranspiration Réelle) : quantité d’eau effectivement consommée par la culture et évaporée par le sol.
(2) ETM (Évapotranspiration Maximale) : quantité d’eau que la culture aurait consommée en l’absence de toute limitation hydrique.
Impact du stress hydrique sur la biomasse
Les observations satellitaires permettent de suivre l’état de végétation des parcelles dans le réseau d’épidémiosurveillance. L’indice NDVI, qui mesure par satellite la vigueur de végétation, met en évidence une situation particulièrement marquée en 2026. Dans les départements betteraviers, les valeurs observées cette année sont les plus faibles enregistrées durant les huit dernières campagnes (figure 2).


