Sucre

Le marché mondial du sucre joue à se faire peur…

À l’approche de la nouvelle campagne brésilienne, le marché mondial du sucre accentue la pression baissière, entraînée par les ventes massives des spéculateurs et des prix retombés sous les 14 cts/lb, au plus bas depuis 2020.

Le sucre, sur le marché mondial, semble prendre un malin plaisir à se faire peur. Les acteurs du sucre du monde entier – producteurs, acheteurs et négociants – s’étaient donné rendez-vous à Dubaï, en début de mois. Et beaucoup d’opérateurs y ont souligné tout l’intérêt d’une pression baissière sur le marché mondial à la veille de la nouvelle campagne brésilienne, en avril prochain. L’objectif ? Encourager le débouché éthanol au détriment du débouché sucre – d’autant que les sucriers brésiliens semblent en retard dans leurs ventes anticipées de sucre.

Et cela fonctionne. Les spéculateurs adorent, et participent largement au mouvement : ils sont vendeurs-nets de 11,6 Mt de sucre, un niveau proche du record historique de 2019 qui est, d’ailleurs, sûrement dépassé depuis.

Résultat : le sucre brut passe même sous les 14 cts/lb. On n’avait pas vécu cela depuis octobre 2020. L’analyste britannique Marex le résume bien dans son dernier bulletin : de toutes les hypothèses possibles, « les prix actuels reflètent le pire scénario ». Peu de chance, donc, que cela baisse davantage. Mais l’analyste ajoute qu’il y a également peu de chance que cela monte beaucoup : à la moindre performance, les Brésiliens – toujours eux ! – pourront enfin se positionner.

Bref, devra-t-on attendre la fin d’été prochain pour vivre un sursaut ? Le marché a, depuis, un peu corrigé. Mystère, donc ! D’autant que, du côté des fondamentaux, on ne croule pas sous le sucre. S&P a revu à la baisse son surplus sur la campagne en cours (+1,7 Mt, contre +3,4 Mt auparavant), et Global Data estime que le surplus de la campagne suivante (26-27) sera plus faible. Il faut dire que, du côté indien, la production est finalement décevante : on ne dépassera peut-être pas 30 Mt de sucre et le pays ne devrait pas honorer ses potentialités à l’export, pourtant revues mi-février, par New-Delhi, à 2 Mt.

En Europe, on regarde tout cela avec une certaine crainte. D’autant que la conversion du marché mondial en euro est cruelle : l’euro n’a jamais été aussi fort face au dollar depuis 2021… Mais le sucre, sur le marché spot, résiste. Dans un tel contexte, aucun volume d’échange ne semble relevé – et c’est tant mieux !

Le Betteravier français

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