La campagne avait pourtant bien commencé, avec une météo clémente et 25 % des betteraves semées de manière précoce, avant le 12 mars, dans la région. Six mois plus tard, les arrachages de betteraves s’annoncent « catastrophiques » pour les planteurs franciliens. « 2026 ne sera pas l’année de la betterave, de nombreux planteurs s’interrogent sur la suite de la campagne », constate Cyrille Milard, le président de la CGB Île-de-France, lors de l’assemblée générale de la délégation, le 3 septembre. À la pression des ravageurs (pucerons, altises) lors des levées, ont succédé une sécheresse historique, une prolifération de charançons, de teigne, de rhizopus, et même de la grêle dans le secteur de Nangis… « Ce ne sont pas les sept plaies d’Égypte mais les sept plaies de la betterave en Île-de-France en 2026 », déplore Milène Grapperon, directrice des CGB Île-de-France et Centre-Val de Loire.
Les rendements étant attendus largement en dessous de la moyenne 5 ans, la durée de la campagne dans la région devrait osciller entre 65 et 100 jours, contre 84 à 138 jours l’année dernière. Les premières réceptions devraient avoir lieu entre le 15 septembre et le 7 octobre, selon les usines. « Nous espérons de la pluie pour pouvoir sortir les arracheuses, mais nous avons des inquiétudes sur la taille des betteraves, leur conservation dans les silos à cause des betteraves dégradées, la gestion du déterrage des betteraves de petite taille, liste Milène Grapperon. Pour les betteraves pourries, une partie de la matière partira au lavage et sera donc comptabilisée dans la tare terre, ce qui aura un impact sur le malus. Leur jus trouble perturbera aussi la lecture de la richesse. » Dans les sucreries, l’organisation habituelle des réceptions et du traitement des betteraves doit être repensée. « C’est du jamais vu, nous sommes comme vous, nous allons nous adapter, réagit Hervé Fouassier, président de la section de Corbeilles-Nangis chez Cristal Union, présent dans l’assemblée. Nous allons avoir une baisse de production, il va donc falloir extraire tous le sucre qui, lui, vaudra cher, et viser les débouchés les plus rémunérateurs. »