Dans une ambiance studieuse mais conviviale, plus d’une trentaine d’agriculteurs et d’élèves ont répondu présents à chaque date* pour prendre le temps de revenir aux fondamentaux de la culture, échanger sur leurs pratiques et affiner des réglages qui font souvent la différence au champ. Du semis à la récolte, ces rencontres ont mis en lumière un point commun à toutes les situations : en betterave, la précision reste un levier majeur pour sécuriser le rendement.
Le format, articulé autour d’ateliers techniques successifs, a permis de relier choix agronomiques, matériel et résultats observés sur le terrain. « Les ateliers sont courts, ça rend la journée dynamique et on reste concentré. On repart avec des choses concrètes », résume Jessica Charpentier, agricultrice à Vendhuile, dans l’Aisne. En cours d’installation avec mon mari, je découvre progressivement la culture de la betterave. Je souhaite me lancer dans l’aventure betterave et je veux me mettre au même niveau que mon conjoint. La formation est à la fois générale et technique, mais surtout très accessible. Ça donne confiance pour se lancer. » Sensible aux enjeux environnementaux, elle voit aussi dans ces journées une manière de réfléchir à l’orientation durable de son exploitation.
Même intérêt du côté de Jean-Marie Bidaux, retraité et originaire d’Alaincourt, dans l’Aisne. S’il n’est plus en activité, il continue à prêter main-forte à ses proches lors de certaines périodes de travaux. « Je viens pour rester au courant. Les techniques évoluent vite et c’est toujours intéressant de voir ce qui se fait », explique-t-il. Les échanges autour du precision planting par Latitude GPS, du tassement du sol et du choix variétal ont particulièrement retenu son attention, tout comme les ateliers techniques proposés par Ropa et l’ITB. « C’est très concret, on est dans le pratique. Ce sont des choses qu’on peut ensuite transmettre quand on aide sur les chantiers », ajoute-t-il, se disant également intéressé par d’autres formations sur d’autres thématiques.
Du côté de Frédéric Bissieux, ancien président des agriculteurs de l’Oise, les attentes étaient différentes, mais l’intérêt bien réel. Planteur de betteraves à Venette sur 120 hectares, il est venu chercher des réponses précises, notamment sur la production et le désherbage. « J’ai eu des éléments de réponse à certaines de mes interrogations techniques. C’est toujours utile de confronter ses pratiques et d’entendre d’autres retours. » Il n’élude pas pour autant les inquiétudes du moment. Pour lui, les ajustements techniques ne suffiront pas à compenser la perte des molécules néonicotinoïdes. « C’est un peu comme soigner un cancer avec du Doliprane. Pendant que nos voisins européens ont encore ces solutions, on nous demande de faire sans. Il faut que le gouvernement se saisisse vraiment du sujet. » Malgré ce contexte, il reconnaît l’intérêt de ces journées pour continuer à progresser sur ce qui reste maîtrisable à l’échelle de l’exploitation.
Au-delà des contenus techniques, le format intimiste de ces journées a été apprécié. En petits groupes, les échanges sont plus libres, les questions plus précises et les discussions souvent prolongées autour de situations vécues au champ. Une proximité qui facilite le partage d’expérience et rend les apports techniques plus directement transposables au sein des exploitations.
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*Le 28 janvier à Sommesous, le 30 à Golancourt et le 6 février à Venon.
– Une levée irrégulière pénalise toute la culture : hétérogénéité de peuplement, désherbage et protection contre les pucerons plus compliqués, sensibilité accrue à la jaunisse.
– Tout se joue dès le travail du sol. Un labour réalisé dans de bonnes conditions prépare un lit de semences régulier.
– La préparation doit rester superficielle, autour de 5 cm, avec des outils à effet « râteau ». Des dents trop longues font remonter les mottes et dégradent la qualité du sol en surface.
– L’objectif est clair : un sol nivelé, rappuyé et ressuyé, composé majoritairement de terres fines.
– Le semis se raisonne à 2,5 cm de profondeur, pour une population cible d’environ 115 000 betteraves par hectare.
– Avant d’entrer dans la parcelle, le semoir doit être parfaitement préparé. Une machine bien révisée reste le premier gage de régularité.

