samedi 30 mai 2020
Coronavirus : la filière bioéthanol demande des clauses de sauvegarde ©CGB

Coronavirus : la filière bioéthanol demande des clauses de sauvegarde

Face à la chute de 75 % des ventes d’essence en France et la menace d’importations de bioéthanol en provenance du Brésil et des États-Unis, la filière française du bioéthanol demande « des mesures de sauvegarde rapides au niveau européen ».

Dans un communiqué commun du 6 avril, les acteurs de la filière bioéthanol (CGB, AGPB, AGMP et SNPAA) alertent sur les conséquences de la crise du coronavirus et leurs effets sur les ventes de bioéthanol pour les carburants, principal débouché de l’alcool agricole français (60 % des utilisations). Ils constatent que les ventes « s’effondrent avec le confinement et sont menacées par des importations en provenance des États-Unis et du Brésil ». Ils demandent des mesures de sauvegarde rapides au niveau européen.

Selon le communiqué, la consommation d’essence par les automobilistes français a baissé de plus de 75 %, depuis le confinement. « Cette situation place les producteurs d’alcool français dans une situation très critique de surproduction et de besoins de stockage. Cela se retrouve partout en Europe (6 % de la production mondiale d’éthanol) et aussi chez les deux principaux pays producteurs d’alcool agricole, les États-Unis (plus de 50 % de la production) et le Brésil (près de 30 % de la production) », soulignent la CGB, l’AGPM, l’AGPB et le SNPAA.

Craintes d’importations

Dans cette situation, la filière du bioéthanol craint, mécaniquement, « l’arrivée massive d’éthanol provenant de ces deux pays sur le marché européen, à brève échéance ».

Pour empêcher « une crise après la crise », dont les producteurs français auraient beaucoup de mal à se relever, les acteurs du bioéthanol demandent « le soutien de la France pour que l’Union européenne mette en place immédiatement des mesures de sauvegarde efficaces face aux importations de bioéthanol provenant des États-Unis et du Brésil ».

Dans un communiqué du 3 avril, la FNSEA et les JA réclamaient déjà « une attention particulière de l'UE au sujet des importations : nous ne comprendrions pas que les contingents d'importations de certains produits s'appliquent de façon identique et viennent alourdir les déséquilibres de marchés sur certaines denrées agricoles déjà très fragilisées ».

Pour la filière bioéthanol, cela est « une nécessité alors que l’incertitude est totale sur la sortie du confinement et la reprise de l’économie ».

A.C.

 

Twitter
Partager

Le Betteravier français, le journal de référence des planteurs depuis 1952, qui décrypte l'actualité de la filière betterave-sucre et des grandes cultures avec ses 18 numéros et ses 2 cahiers spéciaux par an.