La filière luzerne fait valoir ses arguments pour la future PAC

EnvironnementActualités • Mis à jour le 31/03/2021

Les professionnels de la luzerne déshydratée demandent que des paiements pour services environnementaux soient mis en place à hauteur de 200 €/ha pour pérenniser la culture et son intérêt pour l’environnement.

La luzerne réduit la concentration en nitrates des eaux de drainage, capte l’azote et le carbone.  © FXD

Il y avait foule ce 6 février à Châlons-en-Champagne. Près de 1 200 personnes s’étaient donné rendez-vous pour assister au deuxième symposium luzerne. « Un beau succès », selon Éric Masset, président de Luzerne de France, la branche déshydratation de la Coopération agricole. L’occasion de rappeler une nouvelle fois l’intérêt agroécologique de la culture et de demander un accompagnement financier pour cette filière présentée comme vertueuse pour l’environnement.

Ce sera l’un des enjeux à négocier dans le cadre de la future PAC, qui prévoit la mise en place d’un eco-scheme dans le premier pilier. Des systèmes de paiements pour services environnementaux (PSE) devraient voir le jour. « Ce sera une façon de rémunérer des pratiques agricoles vertueuses pour répondre aux attentes de la société », explique le directeur de Luzerne de France, Éric Guillemot. La filière compte bien en profiter.

Empreinte carbone

« La PAC sera plus verte mais avec moins de moyens. ll nous faut un fléchage de programmes de recherche et des soutiens financiers accessibles », plaide Éric Masset. Car la filière luzerne affiche des arguments intéressants pour l’environnement. Selon des études menées par l’Inrae de Reims (Marne), la plante diminue fortement l’exposition des sols à l’érosion, permet de réduire l’usage de produits phytosanitaires dans les rotations de grandes cultures, réduit la concentration en nitrates des eaux de drainage, capte l’azote et le carbone. Par ailleurs, il a été montré que la culture fixe davantage de carbone atmosphérique que la production de luzerne déshydratée n’émet de carbone d’origine fossile.

Restent les émissions de CO2 issues de la déshydratation qui pénalisent la compétitivité de la filière à cause de taxes CO2. L’Inrae de Reims a montré que grâce à des progrès récents sur des changements de techniques de récolte et à l’incorporation de plaquettes de bois comme source d’énergie et de séchage, l’empreinte carbone de la production de luzerne est sensiblement améliorée. Une réduction de 35 % des émissions de carbone liées à la déshydratation est ainsi obtenue. Mais les efforts doivent se poursuivre et la filière bénéficier de moyens, selon Éric Masset. La profession estime qu’un PSE luzerne de 200€/ha permettrait de pérenniser la culture et ses bénéfices pour la biodiversité. En attendant la future PAC, la filière espère pouvoir mettre en place de premiers PSE avec des agences de l’eau. « Il semblerait que les agences de l’eau soient ouvertes à la discussion », affirme Éric Guillemot.

Adrien Cahuzac

Il y avait foule ce 6 février à Châlons-en-Champagne. Près de 1 200 personnes s’étaient donné rendez-vous pour assister au deuxième symposium luzerne. « Un beau succès », selon Éric Masset, président de Luzerne de France, la branche déshydratation de la Coopération agricole. L’occasion de rappeler une nouvelle fois l’intérêt agroécologique de la culture et de demander un accompagnement financier pour cette filière présentée comme vertueuse pour l’environnement.

Ce sera l’un des enjeux à négocier dans le cadre de la future PAC, qui prévoit la mise en place d’un eco-scheme dans le premier pilier. Des systèmes de paiements pour services environnementaux (PSE) devraient voir le jour. « Ce sera une façon de rémunérer des pratiques agricoles vertueuses pour répondre aux attentes de la société », explique le directeur de Luzerne de France, Éric Guillemot. La filière compte bien en profiter.

Empreinte carbone

« La PAC sera plus verte mais avec moins de moyens. ll nous faut un fléchage de programmes de recherche et des soutiens financiers accessibles », plaide Éric Masset. Car la filière luzerne affiche des arguments intéressants pour l’environnement. Selon des études menées par l’Inrae de Reims (Marne), la plante diminue fortement l’exposition des sols à l’érosion, permet de réduire l’usage de produits phytosanitaires dans les rotations de grandes cultures, réduit la concentration en nitrates des eaux de drainage, capte l’azote et le carbone. Par ailleurs, il a été montré que la culture fixe davantage de carbone atmosphérique que la production de luzerne déshydratée n’émet de carbone d’origine fossile.

Restent les émissions de CO2 issues de la déshydratation qui pénalisent la compétitivité de la filière à cause de taxes CO2. L’Inrae de Reims a montré que grâce à des progrès récents sur des changements de techniques de récolte et à l’incorporation de plaquettes de bois comme source d’énergie et de séchage, l’empreinte carbone de la production de luzerne est sensiblement améliorée. Une réduction de 35 % des émissions de carbone liées à la déshydratation est ainsi obtenue. Mais les efforts doivent se poursuivre et la filière bénéficier de moyens, selon Éric Masset. La profession estime qu’un PSE luzerne de 200€/ha permettrait de pérenniser la culture et ses bénéfices pour la biodiversité. En attendant la future PAC, la filière espère pouvoir mettre en place de premiers PSE avec des agences de l’eau. « Il semblerait que les agences de l’eau soient ouvertes à la discussion », affirme Éric Guillemot.

Adrien Cahuzac

Le Betteravier français,
le journal de référence des filières betterave-sucre et grandes cultures depuis 1952.

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