De l’aveu même de Didier Renoux, « la situation est catastrophique dans l’Yonne ». Le département risque bien d’afficher, avec l’Île-de-France, le plus mauvais rendement de France cette année, a reconnu le président de la CGB Yonne. « Jusqu’à présent, sans les deux dernières années, nous étions autour de 85 t/ha à 16°S, dans la moyenne nationale. Cette année, nous serons autour de 35 t/ha. Du jamais vu ! », a-t-il insisté lors de l’assemblée générale de son syndicat qui se tenait en visio-conférence le 10 novembre. Jaunisse, sécheresse, et aussi charançons pour la deuxième année, n’ont pas épargné les 159 planteurs du département qui exploitent 2 300 hectares de betteraves.

Maintenir les outils de production en 2021

Malgré cela, Didier Renoux veut rester positif quant à l’avenir. « Les votes de l’Assemblée nationale et Sénat, en faveur du retour par dérogation temporaire des néonicotinoïdes en enrobage des semences de betteraves sont une étape importante. C’est le résultat d’un long travail de pédagogie, d’argumentation, de rencontres, tant locales que nationales, que nous avons menées », a expliqué le président du syndicat de l’Yonne, qui a souhaité remercier les députés et parlementaires qui ont « voté courageusement en faveur de cette loi, portée avec conscience par le gouvernement, dont particulièrement le ministre de l’Agriculture et le rapporteur de ce projet ». « S’il n’y avait pas cette loi, ce ne serait même pas la peine de parler de semis pour 2021 », a-t-il confié, ajoutant que la « filière a besoin de tous les planteurs en 2021 pour maintenir les outils de production dans la région ».

Nouvelle organisation

L’assemblée générale du syndicat a été également l’occasion de présenter et voter la réorganisation du syndicat qui fusionnera au 1er janvier 2021 avec la CGB. Une nouvelle structure régionale verra le jour en zone Champagne-Bourgogne, qui regroupera les syndicats de l’Yonne, de l’Aube et du Grand-Est. « La régionalisation va nous permettre de mettre en place une structure syndicale à la hauteur des 25 % des surfaces betteravières françaises que nous représenterons et de créer une organisation adaptée au nouveau schéma agricole, plus simple et plus agile, avec des budgets limités, capable d’assurer à la fois une meilleure animation syndicale et un cadre propice à des échanges constructifs avec nos partenaires », a expliqué Benoît Yot, le directeur du syndicat CGB de l’Yonne.