« Mettre fin aux deux poids deux mesures » : c’est la « boussole » que compte suivre le Premier ministre Sébastien Lecornu, selon les termes employés dans une lettre ouverte aux agriculteurs français, diffusé le 4 janvier. Un arrêté publié le 7 janvier, suspendant les importations en provenance de pays tiers de fruits et légumes contenant des résidus de 5 substances interdites en Europe, était censée illustrer ce positionnement. Insuffisant pour convaincre la CGB, qui rappelle, dans un communiqué diffusé le 8 janvier, que « le sucre et l’éthanol sont produits dans de nombreux pays à partir de canne à sucre cultivée avec de nombreuses molécules interdites en UE. Pourtant, aucun résidu de ces substances ne peut y être détecté lorsque ces produits (saccharose ou éthanol) sont purs ». Insuffisant, également, en raison de la distorsion de concurrence qu’estiment subir les planteurs français, en raison d’un arsenal phytosanitaire très restreint comparé à ceux de leurs voisins européens, où sont notamment autorisées l’acétamipride et la flupyradifurone.

Loi d’exception

« L’agriculture française et les productions végétales en particulier traversent une crise sévère et profonde. Qu’attend le Gouvernement pour changer de cap et apporter des réponses précises à la hauteur des enjeux, qu’il s’agisse de moyens de production ou de gestion des marchés ? », s’interroge Franck Sander, le président de la CGB. Suite à la censure de l’article de la loi Duplomb, en août 2025, permettant la réautorisation de ces molécules, le syndicat appelle donc, une nouvelle fois, le Gouvernement à « déposer un projet de loi spécifique ou intégrer à une loi d’exception agricole les dispositions permettant aux filières concernées d’utiliser ces molécules ».