Où en est-on de l’usage du biocontrôle en France, et plus particulièrement en grandes cultures ?

En 2024, le biocontrôle représente environ 12 % en valeur du marché de la protection des végétaux, soit 308 millions d’euros selon le baromètre de l’association Alliance Biocontrôle. Ce chiffre correspond à l’ensemble des usages, jardins et espaces verts compris. Néanmoins, des écarts très importants subsistent entre les filières. En grandes cultures, seuls 15 % des agriculteurs utilisent au moins un produit de biocontrôle par an, alors que la viticulture dépasse les 97 %, l’arboriculture atteint 87 % et le maraîchage s’établit autour de 22 %. C’est clairement dans les grandes cultures que le retard est le plus marqué et là où il doit progresser le plus.

Comment expliquer ce retard en grandes cultures ?

L’offre disponible n’est pas la même. En 2025, on compte une trentaine de substances actives de biocontrôle homologuées ou macro-organismes autorisés en grandes cultures, contre une centaine environ pour les cultures légumières ou pour l’arboriculture. Dans le même temps, le nombre de solutions conventionnelles disponibles en Europe a été réduit d’un tiers entre 2017 et 2025. De plus, ces cinq dernières années, aucune nouvelle molécule chimique n’a été homologuée. Quant à l’innovation, qui repose donc exclusivement sur le biocontrôle avec 25 nouvelles substances homologuées sur les cinq dernières années, elle arrive trop lentement du fait du fonctionnement actuel de la réglementation.