« Alors que l’Espagne vient d’annoncer un plan de soutien de 552 M€, et la Grèce de 300 M€… En France, le gouvernement, par la voix de la ministre de l’Agriculture, vient d’annoncer la mise en place mesurettes déjà existantes : ce gouvernement est-il à ce point déconnecté de la réalité vécue sur nos fermes depuis trois ans ? Nous courons à la catastrophe ! », dénoncent dans un communiqué du le 25 mars 2026 les responsables des associations spécialisées de grandes cultures (l’AGPB, l’AGPM, la CGB, la FOP et l’UNPT).

En tout juste 3 semaines, le gasoil non routier (GNR) a bondi de 100 %. Quant aux engrais sous le coup de droits de douanes, récemment alourdis par la mise en place du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF), leur augmentation atteint des sommets inédits : 80 % de hausse observés en deux ans, dont 20 % depuis le début du conflit au Moyen-Orient.

« Après trois années de revenu négatifs, les plus bas toutes filières agricoles confondues, que peuvent nous apporter un report des cotisations sociales, des prêts carburants court terme, si ce n’est nous enfoncer davantage dans une spirale d’endettement sans fin ? » dénoncent les 5 associations spécialisées. Les organisations pointent du doigt l’annonce d’un « grand plan engrais » en rappelant que le sujet est déjà sur la table depuis plusieurs années sans avancée notable : « De telles mesures hors sol sont bien loin d’être à la hauteur des enjeux pour nos exploitations, déjà en situation critique et ne permettront en aucun cas de juguler la crise économique de nos filières. »

Plan d’urgence

Face à ces annonces et alors que les premières lignes du projet de loi d’urgence agricole s’annoncent très loin de répondre à leurs besoins, les associations spécialisées tiennent à dénoncer les multiples déclarations et effets d’annonces des pouvoirs publics : « Ce qui se joue actuellement pour notre pays, c’est l’avenir de filières clés de notre agriculture : aux opérations de communication des ministères doit se substituer l’action immédiate : levée des taxes et surtout un véritable plan d’urgence à la hauteur des enjeux de production pour notre souveraineté et sécurité alimentaire. »

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