Près de 2 heures à parcourir les différents ateliers de la sucrerie de Connantre (groupe Tereos), de la cour à betteraves jusqu’au stockage de sucre.
Les 22 élèves de BTS ACSE (analyse et conduite de la stratégie de l’entreprise) du lycée agricole de Saint-Pouange (Aube) terminaient leur semaine de stage collectif, le 16 décembre dernier, dans la plus grande sucrerie de betteraves de France. C’est la première promotion à faire un tel stage, qui a été mis en place suite à la réforme des BTSA semestrialisés pour les inscrire dans le cycle licence-master-doctorat (LMD).
« La semaine a débuté avec un retour sur l’histoire de la betterave et de la canne à sucre avec ma collègue professeur d’histoire, explique Mohamed Bayri, enseignant en économie. Puis les élèves ont assisté à une des interventions de la CGB sur l’économie de la betterave avec Benoît Yot. » Le directeur de la CGB Champagne-Bourgogne intervient régulièrement dans les lycées agricoles de la région, mais cette fois, toute la filière était partie prenante, avec la visite du pôle de recherche de l’ITB sur le site du Griffon à Laon (où l’on a parlé sélection variétale et PNRI) et une intervention du directeur de Cultures Sucre, Philippe Reiser, sur les débouchés du sucre, son image et les attaques qu’il subit. Outre la sucrerie, les élèves ont visité une ferme de betteraves bio et un élevage utilisant des pulpes tracées destinées à l’AOP Chaource.
La moitié des 22 élèves sont enfants d’agriculteurs, dont 6 de betteraviers. « N’étant pas fils d’agriculteur, j’ai découvert pas mal de choses sur la betterave, explique par exemple Ange Boyer. Cette semaine a bien confirmé ce que je pensais : cette filière est assez vaste. J’ai été impressionné par les quantités de betteraves acheminées à la sucrerie ou les pulpes dans les méthaniseurs. »
Enzo Delatour est fils de betteravier et se pose des questions : « en discutant avec des responsables de la CGB et de l’ITB, j’ai mesuré toutes les normes imposées et ce qui pourrait nous arriver avec le Mercosur. Cela peut nous faire peur de se lancer dans la betterave. Avec tous les produits phytosanitaires qui sont interdits, on se demande si l’on va avoir encore des solutions pour pouvoir assurer le rendement et la qualité ».
Certains envisagent de s’installer sur la ferme familiale, d’autres de poursuivre des études. Le lycée de Saint-Pouange va d’ailleurs lancer le Bachelor Agro, prévu pour septembre 2027, avec une spécialisation en bioéconomie, décarbonation et nouvelles énergies agricoles.


