mercredi 14 novembre 2018
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Guillaume Lefort, nouveau président de l'association Agridemain, devant le panneau de présentation de son exploitation. Guillaume Lefort, nouveau président de l'association Agridemain, devant le panneau de présentation de son exploitation. ©A.C.

Guillaume Lefort (Agridemain) : "Il faut rassembler les forces de la communication agricole"

Guillaume Lefort, 35 ans, est agriculteur en Seine-et-Marne. Il cultive 250 hectares de terres en grandes cultures (blé, orge de printemps, betteraves, plantes aromatiques, maïs et colza). Depuis, le 26 septembre, il est le nouveau président de l’association Agridemain, qui vise à faire mieux connaître le métier d’agriculteur et ses pratiques, auprès de l’opinion publique.

Comment avez-vous été amené à défendre votre métier ?

J’ai toujours aimé m’impliquer dans ce que je faisais, que cela soit durant mes études, ou aujourd’hui, comme agriculteur. Je considère qu’au lieu de râler, il faut s’engager pour défendre ses idées. Quand je me suis installé en octobre 2010, j’ai adhéré aux syndicats des Jeunes agriculteurs. Cela m’a permis d’échanger, partager des idées et découvrir d’autres activités. J’ai été élu président des JA de Seine-et-Marne en 2011, et depuis 2013, je suis également élu à la Chambre d’agriculture de Seine-et-Marne, devenue la Chambre d’agriculture d’Ile-de-France le 1er janvier 2018.

Pourquoi vous êtes-vous engagé dans Agridemain ?

Je pense que beaucoup de fausses idées sur les agriculteurs et leurs méthodes de production viennent de la méconnaissance des citoyens sur le monde agricole. Il y a une quarantaine d’années, chaque Français avait un parent ou un ami agriculteur. Depuis, le lien s’est distendu et a fini par se casser. Pendant ce temps, des peurs nouvelles sont apparues et le secteur agricole n’a pas su communiquer suffisamment pour rassurer et expliquer ce qu’il faisait. Même chez nos voisins aujourd’hui, il y a de la suspicion sur nos pratiques. Mais à chaque fois que j’explique mon métier, les gens s’intéressent et comprennent, alors qu’au départ, ils sont souvent inquiets. C’est pour cela que je me suis engagé dans Agridemain il y a près de trois ans.

Quelles sont les missions d’Agridemain justement ?

Il faut ramener du lien entre l’agriculture et la société. Nous avons quatre axes stratégiques : démystifier les clichés ; promouvoir une agriculture nourricière, innovante et moderne ; réaffirmer les atouts stratégiques du secteur agricole français et rassembler tous ceux qui militent pour une agriculture vertueuse et performante. Les agriculteurs sont de plus en plus attaqués par les ONG et des mouvements radicaux.

Quelles actions menez-vous pour vous défendre ?

Agridemain réunit une communauté de 271 ambassadeurs agricultrices et agriculteurs. Chacun dispose d’un panneau (voir photo), présentant les contributions environnementales et économiques de son exploitation, avec l’indicateur Perfalim. Nous avons déjà mené plusieurs actions : un colloque au Conseil économique, social et environnemental (CESE) ; deux participations au Salon de l’agriculture ; l’organisation de 3 éditions de la Fête des moissons et la mise en place d’une tournée régionale des agricultures françaises, l’AgridemainTour. Afin d’amplifier ce mouvement, nous avons  estimé nécessaire que notre structure se dote d’un vrai statut juridique. Ainsi, le 26 septembre 2018 s’est tenue l’assemblée générale constitutive de l’association d’intérêt général Agridemain. Un bureau a été élu, avec Mickaël Jacquemin, agriculteur à Lignon (51), 1er vice-président ; Stéphane Aurousseau, agriculteur à Charrin (58), 2e vice-président ; Basile Faucheux, agriculteur à Epiedsen-Beauce (45), secrétaire ; et Emmanuel Leveugle, agriculteur à Flesquières (59), trésorier.

N’y a-t-il pas une déperdition des forces et de moyens dans la communication agricole ?

L’idée est de ne pas faire de doublons avec les structures qui existent déjà. Notre objectif est de rassembler et mutualiser nos forces. Nous avons déjà une quinzaine d’organisations qui nous soutiennent, dont la FNSEA, la CGB, l’AGPB, les JA, Farre, la Fop, le Gnis, les chambres d’agriculture… Nous devrions accueillir bientôt la Confédération nationale de l’élevage (CNE). Nous espérons que d’autres suivront. Nous avançons progressivement mais militons effectivement pour davantage de cohérence et de synergies dans la communication du secteur agricole.

Propos recueillis par Adrien Cahuzac

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Le Betteravier français, le journal de référence des planteurs depuis 1952, qui décrypte l'actualité de la filière betterave-sucre et des grandes cultures avec ses 18 numéros et ses 2 cahiers spéciaux par an.