mardi 18 septembre 2018

Articles liés au sujet " ITB "


Les maladies foliaires entrainent, chaque année, des pertes de rendement de 10 à 20 % lorsqu’elles sont mal maîtrisées. Une gestion raisonnée passe par une identification du risque et une surveillance en cours de saison de chaque parcelle, afin de pouvoir intervenir, si nécessaire, au bon moment. 

Identifier le risque des maladies foliaires

L’apparition et le développement de chaque maladie foliaire dépend des conditions climatiques, des pratiques culturales et de la résistance variétale. Ces nombreux facteurs font que chaque parcelle présente un profil particulier.


30 juillet 2018

Une grande diversité de couverts d’interculture s’offre aujourd’hui aux agriculteurs. Afin d’investir dans les semences appropriées à ses parcelles, il est important de faire les bons choix et de se donner les moyens de les réussir.

L’enquête SITE de l’ITB révèle que 88 % des surfaces reçoivent un couvert d’interculture avant une culture de betterave contre 55 % en 2006. Les zones betteravières étant principalement situées en zones vulnérables dans lesquelles s’applique la Directive Nitrates, la mise en place de couverts pour une interculture longue est obligatoire. Le couvert le plus utilisé est la moutarde en solo : elle représente près de 70 % des parcelles. Nos enquêtes indiquent que les surfaces en couverts associés avec légumineuses progressent et représentent aujourd’hui près de 12 % des parcelles.

Choisir son type de couvert en fonction d’objectifs prédéfinis et des contraintes de sa rotation « Quel est le meilleur couvert ? ».

La réponse à cette question n’est pas évidente et ne peut en aucun cas être généralisée : un couvert doit répondre à un besoin particulier. Il n’existe pas de couvert « miracle » ! Vis-à-vis de l’azote, deux objectifs sont recherchés : le piégeage de l’azote minéral avant l’hiver et la restitution pour la culture suivante. Quand l’objectif premier est le piégeage, des solutions comme la moutarde nématicide, le radis nématicide, ou encore la phacélie sont tout à fait adaptées. Dans tous les cas, il faudra éviter les phénomènes de blocage d’azote au moment du développement de la culture suivante. Il faut donc détruire le couvert relativement tôt, avant l’hiver, tout en respectant les dates réglementaires.

Le rapport C/N pouvant augmenter fortement à partir de la floraison, il est judicieux de choisir une variété avec une floraison qui ne sera pas déclenchée (ou très peu) au moment de la destruction. Quand l’objectif prioritaire est la restitution d’azote dans la culture suivante, il faut choisir un mélange à base de légumineuses, en étant attentif à semer le couvert suffisamment tôt. Les conseils pour la réussite de ces semis sont présentés par la délégation ITB de l’Aisne. Un autre objectif qui peut prévaloir est le maintien d’une parcelle propre. Dans ce cas, on privilégiera les espèces à couverture rapide telles que les crucifères ou la phacélie, éventuellement en mélanges. Le choix du couvert doit aussi se raisonner au niveau de la rotation. A titre d’exemple, dans une rotation dans laquelle le colza revient régulièrement (2 à 4 ans), l’utilisation de crucifères comme couverts d’interculture (moutardes, radis) est à éviter. Il est envisageable d’utiliser dans ce cas de l’avoine ou de la phacélie. Avant betterave, la féverole est fortement déconseillée en raison du risque de multiplication du nématode du collet. Une grille de choix de couverts prenant en compte les objectifs et les contraintes liés à la parcelle est disponible dans le guide de culture de l’ITB sur le site www.itbfr.org (rubrique « Publications »).

Au-delà de l’espèce, choisir une variété

Dans le cas des moutardes et du radis, il est indispensable de choisir des variétés résistantes aux nématodes à kystes avant l’implantation d’une betterave. La précocité de floraison est aussi un critère important : pour un semis précoce, des variétés tardives seront à privilégier. Il en va inversement pour des semis tardifs. Certaines variétés se démarquent par leur vigueur au démarrage. Concernant la couverture finale du sol, les comportements sont plus homogènes. Les tableaux 1 et 2 décrivent les variétés de moutardes et de radis nématicides selon ces critères. Pour le choix de légumineuses, la variabilité au sein des espèces est encore plus marquée. Parmi les mélanges testés par l’ITB, les associations Gaudi Duo (Saaten Union), Puzz Cover Biomasse (Ragt) sont remarquées pour leur vigueur au démarrage et développement. Radileg Trèfle (Alpha semences) présente également une bonne vigueur. Les associations I SOL Pack (Semences de France) et Chloro 26 (Jouffray Drillaud) montrent un bon potentiel de développement.


19 juillet 2018

Le "contrat de solutions", pour répondre aux attentes des citoyens en matière de produits phytosanitaires et garantir la compétitivité et la pérennité des exploitations agricoles, a été officiellement lancé le 11 juillet. Les 40 organisations agricoles, dont la FNSEA, l'AGPB, l'AGPM, la CGB, la FOP et l'ITB, espèrent un soutien politique et financier du gouvernement.

Chose promise, chose due. Annoncé le 26 février au Salon de l'agriculture, le « contrat de solutions » a été détaillé le 11 juillet, avant la pause estivale. « Son objectif est de répondre aux attentes sociétales pour réduire les phytosanitaires mais aussi de garantir la compétitivité et la pérennité des exploitations agricoles », a rappelé Éric Thirouin, le président du comité de pilotage du contrat de solutions et secrétaire général adjoint de la FNSEA. Désormais, ce sont 40 organisations agricoles* qui sont associées à la démarche. Plus de 300 solutions ont été identifiées dont 36 ont été présentées à travers des fiches détaillées, avec des engagements à tenir, pour réduire l’utilisation du glyphosate en grandes cultures, développer le désherbage mécanique et les techniques de biocontrôle par exemple.

« Pour que cela fonctionne, l’enjeu est de développer un effet massif et collectif, avec des solutions combinées et un maximum d’agriculteurs », a insisté Christiane Lambert, la présidente de la FNSEA. Dans la filière betterave-sucre, l’Institut technique de la betterave (ITB) propose le déploiement de l’utilisation de variétés tolérantes aux maladies foliaires, sur 50 % des surfaces à horizon 2021 (contre 37 % actuellement) et sur 60 % d’ici à 7 ans. « Nous allons suivre l’évolution réelle de chaque solution avec des indicateurs. Nous ferons des rendez-vous récurrents avec la publication de résultats sur les avancées », a assuré Alexandre Quillet, le président de l'ITB.

Pour l’instant, le gouvernement ne s’est pas associé officiellement à ce contrat de solutions, aux côtés des organisations syndicales, comme elles le souhaitaient. « Si les pouvoirs publics décidaient de nous accompagner politiquement, financièrement et réglementairement, nous irions plus loin et plus vite », a souligné Alexandre Quillet. Mais les professionnels gardent espoir. « Nous sommes dans la dernière ligne droite. Nous attendons que le gouvernement s’engage avec nous et signe ce contrat d’envergure inédit de la profession agricole », a renchéri Christiane Lambert.

A.C.

* ACTA, ADIVALOR, AGPB, AGPM, ANIA, ANPLC, APCA, AXEMA, CGB, Coop de France, FAFSEA, FARRE, FN3PT, FNA, FNACC, FNAMS, FNC, FNCA, FNPFcidre, FNPFruits, FNPHP, UNPT, FNPT, FNSEA, FNSEA commission viticulture, FOP, GNIS, IBMA, Jeunes Agriculteurs, Légumes de France, MSA, PAM de France, Syndicat des riziculteurs de France, UFS, UIPP, VIVEA, Vegepolys, SEDIMA, FNCUMA, TRAME.

 

 


11 juillet 2018

Le 76e congrès international sur la recherche betteravière a donné des signes d’espoir à une filière en pleine tourmente.

Deauville a accueilli la plus grande concentration mondiale de chercheurs et de spécialistes de la betterave à sucre. Du 4 au 6 juin dernier, le 76e congrès de l’institut international de recherches betteravières (IIRB) a rassemblé 350 contributeurs de 21 pays différents représentant des instituts de recherche, des associations de producteurs, des sucriers, des sélectionneurs de betteraves, ainsi que de l'industrie phytosanitaire, des engrais et du machinisme. Preuve que la recherche betteravière est toujours très active : ce congrès a été un de ceux qui ont rassemblé le plus de participants depuis 20 ans !

Chacun était venu pour exposer ses travaux de recherche, mais c’est la situation des betteraviers européens qui a focalisé les principales conversations, suite à l’interdiction des néonicotinoïdes en traitement de semences.

« L’interdiction des néonicotinoïdes pourrait entraîner des sérieuses pertes de rendement à cause de la jaunisse virale transmise par les pucerons. Et elle aura des conséquences inverses de celles espérées par la société civile », a mis en garde le président de l’ITB, Alexandre Quillet.

La veille de ce congrès, le 4 juin, les spécialistes européens travaillant sur les néonicotinoïdes se sont retrouvés pour élaborer des stratégies de recherche à mettre en place. Les semenciers recherchent déjà des résistances à la jaunisse. « Nous aurons des débuts de réponse d’ici 5 ans, a expliqué Bruno Desprez, directeur général de Florimond Desprez. Mais quels seront les niveaux de rendement ? On pourrait avoir des bons résultats avec des techniques génomiques plus récentes, mais là il y a des problèmes réglementaires ». Un projet de recherche entre la société de services ADAS, l’institut technique britannique (BBRO) avec Hilleshög Maribo et SESVanderHave a débuté en 2014, pour trouver de nouvelles variétés résistantes à la jaunisse.

KWS réalise également des tests au Royaume-Uni sur 20 hybrides de betteraves. Le Royaume-Uni est un des pays plus concerné par la jaunisse de par son climat océanique. « Nous utilisons les néonicotinoïdes depuis 25 ans et nous ne savons plus comment cultiver des betteraves sans ces traitements. 80 % des virus sont résistants aux carbamates et aux pyréthrinoides, a expliqué Mark Stenvens du BBRO. Il faudra développer des messages d’alerte pour que les agriculteurs interviennent à temps et réfléchir à l’utilisation d’insectes bénéfiques ». L’interdiction des néonicotinoïdes met toute la filière en ébullition.

François-Xavier Duquenne


11 juin 2018

Pour la première fois, l’Institut technique de la betterave (ITB) mène une étude en plein champ sur la culture de la betterave bio. Premier épisode d’une série d’articles qui s’achèvera à la rentrée.


C’est dans l’Aisne, à Liesse-Notre-Dame, que l’ITB a lancé fin avril une expérimentation sur la culture de betteraves bio. « L’idée a germé l’an passé, pour répondre aux besoins des marchés et des attentes sociétales de plus en plus fortes. Le bio fait partie du programme de l’ITB pour les 10 prochaines années », explique Fabienne Maupas, responsable du département scientifique et technique de l’institut. Le Betteravier français a décidé de suivre cette étude inédite et d’en faire écho tous les mois, jusqu’à la rentrée. L’exploitation agricole choisie pour mener ce travail n’est pas une inconnue pour l’ITB. « Il s’agit d’une ferme en pointe pour les réductions des intrants sur laquelle nous avions déjà travaillé depuis plusieurs années », détaille Ghislain Malatesta, responsable du département expérimentation et expertises régionales. Une partie de cette exploitation de 800 hectares est passée en bio il y a deux ans, pour produire des haricots verts, du maïs et de l’orge de printemps. « L’agriculteur avait arrêté la bette- rave, mais il souhaitait la relancer en bio. Ils nous ont contactés pour que l’on puisse les aider », souligne Jean-Charles Germain, responsable du projet. Sur 60 hectares en bio, 6 sont consacrés à la betterave.

Semis sous serre et repiquage
« Faute de pouvoir se procurer des semences certifiées bio, nous avons utilisé des semences conventionnelles, tolérantes aux principales maladies, cercosporiose et oïdium notamment, mais non traitées par des phytosanitaires. Nous avons eu une dérogation d’utilisation », explique Ghislain Malatesta. Un mois plus tard, entre les 25 et 27 avril, les plants ont ensuite été repiqués en pleine terre, arrivés au stade 6 feuilles. Le repiquage a été effectué à l’aide de planteuses à tabac. « Cela permet d’avoir des plants qui résistent davantage au désherbage mécanique sur le rang et l’inter-rang », souligne Jean-Charles Germain, qui assure que les « résultats ont été bons ». Depuis le repiquage, deux désherbages ont eu lieu, les 4 et 7 mai, à l’aide d’une herse étrille, avec réglages de pression.
Les betteraves arrachées à la rentrée, seront envoyées à la sucrerie de Pithiviers (Loiret) chez Cristal Union, pour être transformées avant les betteraves conventionnelles. La coopérative effectue également, de son côté, un essai en betteraves bio sur près de 150 hectares (lire Le Betteravier français n°1071 du 27 février, page 11). L’expérimentation de l’ITB vise à apporter des solutions aux agriculteurs, dans l’utilisation d’alternatives aux produits chimiques, de manière rentable. Une partie du projet sera d’ailleurs consacrée à l’étude des différents coûts induits. « L’objectif est d’arriver à un rendement de 50 tonnes par hectare minimum. C’est le seuil de rentabilité », estime Ghislain Malatesta. À suivre...

Adrien Cahuzac


28 mai 2018

La betterave est une culture exigeante et souffre de la moindre concurrence des adventices. L’ITB étudie différentes méthodes afin de réduire les usages d’herbicides tout en conservant des parcelles propres et sans adventices.

Stratégies herbicides et désherbage mécanique

Il est possible de réduire les quantités d’herbicides sur betteraves grâce à différentes stratégies de désherbage. De nombreux itinéraires permettent de concilier les deux objectifs que sont la réduction d’herbicides et la propreté finale des parcelles. Deux types de stratégies de désherbage correspondent aux deux objectifs : 1/Le désherbage mécanique sur le rang Après deux à trois traitements de post-émergence (à partir du stade 4 feuilles de la betterave), biner sur toute la largeur (rang et inter-rang) devient possible avec des matériels spécifiques (houe rotative, herse étrille avec réglages des dents par ressort, bineuse équipée de moulinets ou rotoétrilles). Les passages de ces machines présentent des risques de pertes de plantes lorsqu’ils sont réalisés avant le stade 4 feuilles de la culture, de l’ordre de 5 à 20 % selon les situations. Il convient donc d’intervenir avec des herbicides chimiques jusqu’à ce stade pour contenir les levées d’adventices. Au-delà du stade 10-12 feuilles, les machines occasionnent des dégâts sur les betteraves. Les passages mécaniques exigent un bon nivellement du sol et l’efficacité des interventions est largement tributaire des conditions météorologiques. Les résultats sont peu probants si les sols sont trop secs mais un minimum de temps sec est nécessaire après le passage mécanique (2 à 3 jours). L’efficacité des machines travaillant sur le rang des betteraves est très dépendante du stade des adventices au moment de l’intervention. Elle est bonne avant le stade 2 feuilles des adventices et peut chuter rapidement lorsque les adventices le dépassent. L’efficacité de ces machines est faible sur les adventices vivaces et les graminées qui doivent être gérées dans la rotation et maîtrisées dans la culture par les traitements herbicides spécifiques. 2/La localisation des herbicides Cette deuxième technique complétée par du binage sur l’inter-rang amène une plus forte réduction d’IFT (Indice de fréquence de traitements). Cette méthode permet de traiter uniquement le rang des betteraves avec une rampe localisée. Les traitements sont effectués avec les mêmes produits, mêmes doses rapportées à la surface traitée et aux mêmes stades d’interventions que le traitement généralisé.

Présentation d’un essai ITB de désherbage mécanique combiné

Un essai de désherbage mécanique combiné a été mis en place lors de Désherb’Avenir IV en Normandie (2015). Les résultats montrent que lorsque le climat n’est pas limitant, il existe des possibilités de réduction de l’utilisation des herbicides avec le désherbage mécanique combiné sans compromettre la propreté des parcelles. Les interventions ont pu être réalisées au bon moment et dans de bonnes conditions sur des adventices jeunes, favorisant l’efficacité des différents matériels. Le remplacement de la dernière post-émergence par un passage de bineuse dans l’inter-rang permet de réduire l’IFT herbicide de 25 % avec une note d’efficacité similaire au tout chimique. Cela confirme les résultats des années antérieures. Dans cet essai et comme souvent dans les essais des dernières années, la bineuse équipée de moulinets présente la meilleure efficacité En ce qui concerne la dernière modalité, la première post-émergence appliquée en généralisé a facilité le contrôle des adventices sur l’inter-rang par la bineuse. Dans cette modalité, les traitements localisés sur le rang l’après-midi n’ont pas montré de baisse d’efficacité contrairement à d’autres résultats d’essais. Vous trouverez dans la page suivante les caractéristiques des différents types de matériels permettant le désherbage mécanique combiné sur betteraves.

Institut technique de la betterave (ITB)


11 mai 2018

L’agriculture contribue à 98 % des émissions d’ammoniac en France, avec au sein de l’activité agricole, 32% des émissions dues aux apports d’engrais*. Ce projet, mené en collaboration avec Arvalis, l’INRA, l’ITB, le LDAR, Terres Inovia et l’Unifa, a pour but de contribuer à l’amélioration des connaissances sur la volatilisation ammoniacale des engrais minéraux utilisés en agriculture.

Un enjeu pour la production agricole et pour l’environnement

Une meilleure compréhension des phénomènes de volatilisation ammoniacale sera un véritable atout pour ajuster les méthodes de fertilisation et ainsi diminuer les pertes pour la culture.

La volatilisation ammoniacale est aussi un enjeu environnemental majeur. L’ammoniac contribue, entre autres, en réaction avec des oxydes d’azote ou du dioxyde de soufre, à la formation de particules fines (figure 1) dont les effets néfastes sur la santé, notamment chez les enfants, ont été démontrés. Lorsque le seuil d’alerte est dépassé, le représentant de l’État peut prendre diverses mesures liées aux pratiques agricoles : enfouissement rapide des effluents, report des épandages d’engrais minéraux et organiques, report des travaux du sol.

Les impacts environnementaux mettent l’ammoniac dans le viseur des politiques de santé publique et environnementale. Des engagements sur la réduction de ces émissions à hauteur de 4 % pour 2020, et 13 % pour 2030 (par rapport à une base 2005) ont été pris par la France.

L’essai mis en place par l’ITB

L’ITB va mettre en place en 2018 un essai sur betterave permettant de tester deux facteurs : le type d’engrais apporté et l’intérêt d’un enfouissement de l’engrais au semis. Des apports d’ammonitrate et de solution azotée 39 seront faits avant semis afin de comparer les deux types d’engrais. Puis, un apport enfoui localisé et un apport au sol de solution azotée seront réalisés au semis afin de mesurer l’effet de l’enfouissement sur la volatilisation.

Les mesures de volatilisation d’ammoniac seront mesurées grâce au positionnement de badges sur chaque parcelle élémentaire. Ceux-ci seront relevés à plusieurs dates afin de mesurer une cinétique de volatilisation et une quantité d’ammoniac volatilisée pour chacune des modalités. Ce projet prendra fin en septembre 2019.

* Source : CITEPA


12 avril 2018

L’année 2017, marquée par un été sec, a fait ressortir des cas de carences en bore sur betteraves. La betterave étant très exigeante, les carences sont très souvent observées chez les nouveaux planteurs. Cette page vise entre autres à rappeler les conséquences que peuvent avoir des carences en bore sur le rendement, et à apporter des conseils pour la gestion de la fertilisation boratée.

Le rôle du bore pour la betterave et le diagnostic de carences
Le bore est un oligo-élément essentiel pour le fonctionnement métabolique de la betterave. Des carences en bore entraînent des problèmes de développement des tissus méristématiques, de transport de la sève et une baisse de la production de certains glucides (principalement le saccharose). Elles conduisent à la formation de phénols entrainant un brunissement des tissus.
Les premiers signes d’une carence en bore sont le noircissement et la mort du point de croissance. Les feuilles extérieures sont ensuite progressivement atteintes. La partie concave des pétioles se noircit, puis les pétioles éclatent. On observe ensuite un jaunissement des feuilles, l’apparition de nécrose, puis des craquelures. C’est ensuite au tour du collet d’être touché. Il noircit et pourrit (maladie du « cœur noir »). La racine présente un aspect liégeux, puis son cœur se creuse et se décompose laissant place à des champignons opportunistes (photos ci-contre).

Conséquences de carences sur le rendement
Les carences observées en 2017 ont permis d’évaluer des pertes de rendement. Les données renseignées dans la figure ci-dessous expriment en pourcentage la différence de rendement en sucre entre des zones carencées en bore et des zones non carencées.

Les pertes de rendement peuvent être très conséquentes. En Champagne, avec près de 80 % de betteraves concernées (dont 50 % de betterave fortement atteintes), la perte de rendement en sucre est au-delà des 40 % par rapport à une zone saine. De même en Normandie, avec une proportion de betteraves atteintes avoisinant les 90 %. Le bore étant nécessaire au métabolisme et transfert des sucres, la carence se traduit aussi par une perte de richesse à la récolte. Il est donc primordial de bien raisonner sa fertilisation boratée.

La disponibilité du bore du sol pour la plante
Le bore disponible pour la plante est le bore qui se trouve dans la solution du sol. Des carences peuvent donc parvenir en cas d’été très sec. La concentration de bore dans cette solution dépend notamment des phénomènes d’adsorption (rétention du bore à la surface de la phase solide du sol) et de désorption (phénomène inverse), fortement influencés par le pH du sol. Plus le pH est élevé, plus le phénomène d’adsorption est avantagé et donc moins le bore est disponible dans la solution du sol et in fine pour la plante. Il est donc conseillé d’accompagner les amendements basiques d’une fertilisation boratée (quelle que soit la teneur initiale, donc même en parcelle jugée pourvue).
Dans les conditions de pH des sols cultivés, le bore se trouve en grande majorité sous forme non ionisée. Ainsi le bore est un élément qui peut être facilement lessivé lors d’un hiver ou un printemps pluvieux. Il est donc conseillé d’ajuster sa fertilisation en fonction des conditions climatiques de l’année.  Enfin, la disponibilité du bore dépend aussi du type de sol et de ses caractéristiques. C’est pourquoi les doses conseillées par l’ITB dans son guide de culture (disponible sur le site http://www.itbfr.org) tiennent compte aussi de ce paramètre. Celles-ci reposent sur une analyse de sol qui doit être récente (moins de deux ans). Des sols avec un seuil d’analyse en-dessous de 0,5 ppm (ou 0,5g/kg) sont considérés comme carencés.
Un ou plusieurs apports de bore sont alors nécessaires sur sol nu (1 à 2 kg/ha) ou bien en végétation à 70 % de couverture (0,5 kg/ha). Dans le cas de sols sableux, il est conseillé de faire au minimum en apport en végétation, quel que soit le seuil.

Périodes et formes d’apport du bore
Des apports peuvent être réalisés au sol ou bien en végétation. Dans le cas d’apport au sol, ceux-ci doivent être réalisés avant préparation et semis. Les apports en végétation doivent être effectués à 80 % de couverture (et le second apport éventuel, 1 mois après). Il y a très peu de différences entre les produits par rapport à la biodisponibilité du bore pour la plante. En revanche, les teneurs en bore qui déterminent la quantité d’engrais à apporter peuvent varier.

Une bonne analyse des apports à réaliser est indispensable car une fois les symptômes apparus, la situation est peu maîtrisable par des solutions curatives.

Institut technique de la betterave (ITB)


27 mars 2018
Le Betteravier français, le journal de référence des planteurs depuis 1952, qui décrypte l'actualité de la filière betterave-sucre et des grandes cultures avec ses 18 numéros et ses 2 cahiers spéciaux par an.