mardi 18 septembre 2018

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Le groupe coopératif va arracher dans quelques jours ses premières betteraves bio cultivées à grande échelle. Premiers retours d’expériences.

Depuis le printemps, Cristal Union mène des cultures de betteraves bio, pour la première fois à grande échelle. Sur près de 150 hectares, 25 agriculteurs, essentiellement au Sud de Paris, autour de Toury (Eure-et-Loir), Pithiviers (Loiret) et Corbeilles-en-Gâtinais (Loiret), se sont engagés dans la démarche. Déjà producteur de luzerne bio dans cette région, le groupe a souhaité développer ce mode de production en betterave en s’appuyant sur le savoir-faire de producteurs déjà convertis. « Le désherbage a été le point critique numéro 1. Dans 80 % des cas, il a été bien maîtrisé avec un faible impact attendu sur le rendement », explique William Huet, le responsable du département agronomie de Cristal Union. Différents systèmes ont été utilisés, à commencer par du binage sur l’inter-rang avec des lames Lelievre, des pattes d’oie et des moulinets. Pour protéger les betteraves dans les rayons, des plaques montées sur la bineuse ont été utilisées.

Désherbage manuel cet été

Le service agronomie de Cristal Union a accompagné les agriculteurs dans cette nouvelle culture. « Beaucoup d’entre eux connaissaient les techniques de binage, notamment en légumes. Les autres ont été mis en lien avec des ETA pour leur apporter du matériel », détaille William Huet. Une autre technique utilisée a consisté à brûler les adventices. Elle a été effectuée sur certaines parcelles juste après le semis et avant la levée des betteraves. Pour l’an prochain, Cristal Union prévoit de mettre à disposition de ses adhérents une bineuse inédite à six rangs, construite par Garford, actuellement en test.
En complément du désherbage mécanique, des opérations manuelles ont été réalisées au printemps et pendant l’été, une fois le rayon couvert par les feuilles de betteraves. « 30 heures de travail par hectare ont été nécessaires sur chaque rayon. Dans certains cas plus difficiles, il a fallu jusqu’à 100 heures ! », souligne William Huet.

Des ronds de jaunisse

Du côté des maladies, le pire a semblet-il été évité. « Malgré une pression forte de la cercosporiose, le résultat est satisfaisant, car nous avons utilisé des variétés très tolérantes et, dans certains cas, un mélange de cuivre et de soufre autorisé en bio », explique le responsable du département agronomie de Cristal Union. En matière d’insectes, le puceron vert a été observé à partir du mois de mai, engendrant des petits ronds de jaunisse quelques semaines plus tard. « Mais cela est peu étendu à ce jour. Les auxiliaires présents, comme les coccinelles et larves de syrphe, ont freiné le développement », estime William Huet. Dans quelques jours, des prélèvements seront effectués pour analyser précisément les conséquences de la jaunisse sur les rendements. Sur la base des rendements escomptés et de l’étude de charges proportionnelles liées à la production bio, réalisées en 2017, les betteraves seront achetées en 2018 à 75 €/t à 16°s. En attendant, les sucreries de Pithiviers et Corbeilles-en-Gâtinais (Loiret) sont en cours de certification pour transformer les betteraves bio dans quelques semaines.

Adrien Cahuzac


14 septembre 2018

Alors que l’évolution des cours du sucre en mai, puis en juin, pouvait donner quelques espoirs, leur évolution sur le mois de juillet, puis à nouveau en août, a tout l’effet d’une douche froide.


11 septembre 2018

Le conseil de surveillance de Tereos annonce des élections anticipées pour compléter les conseils de régions concernés par les 70 démissions de cet été. Il a par ailleurs demandé la médiation du président du Haut Conseil de la Coopération Agricole, Henri Nallet.

Allons-nous vers une sortie de crise pour le groupe Tereos, qui a été fortement secoué par des dissensions internes depuis début juillet ?

Le conseil de surveillance de Tereos vient en tout cas de faire un pas vers la sortie de crise. Un communiqué daté du 6 septembre annonce que « dans un esprit d’apaisement et dans l’intérêt de l’entreprise, le conseil de surveillance de Tereos a pris la décision d’organiser dès décembre 2018 plutôt qu’en juin 2019 les assemblées qui désigneront les titulaires des mandats de conseillers de région qui ne sont plus pourvus depuis les démissions survenues en juillet. » Rappelons que le 9 juillet dernier, 70 conseillers de régions représentant les sucreries d’Attin, Lillers, Chevrières, Boiry et Escaudoeuvres, avaient démissionné. « Cette période a été difficile mais le moment de l’apaisement est venu », explique le communiqué de Tereos, qui annonce également que le conseil de surveillance et les plus de 100 conseillers de région demeurés en fonction « ont dialogué avec leurs collègues démissionnaires et avec les représentants du monde agricole pour débloquer la situation. »

Avec leur Association de défense des coopérateurs de Tereos (ADCT), les trois anciens membres du conseil de surveillance exclus invitaient ces derniers jours les planteurs à signer une lettre demandant au président de Tereos d’organiser des élections rapidement et non pas en juin 2019. Leur appel a, semble-t-il, été entendu. Mais Gérard Clay précise que, « la situation mérite bien plus qu'une élection partielle, elle exige une élection générale, jusqu'à l'ensemble du conseil de surveillance, ce qui est d'ailleurs demandé par les futurs 2 400 signataires ».

Le conseil de surveillance de Tereos a par ailleurs demandé la médiation d’Henri Nallet, le président du Haut Conseil de la Coopération Agricole (HCCA). Une démarche que Gérard Clay, Gilles Bollé et Xavier Laude avaient également entreprise.

Cette instance devra garantir que cette élection se passe bien, « dans le plein respect des règles de notre coopérative et de la coopération agricole et dans un climat de dialogue et de collaboration, afin d’être acceptée de tous », indique Tereos.

En tout cas, les trois anciens membres du conseil de surveillance - Gérard Clay, Gilles Bollé et Xavier Laude - demandent leur réintégration pour qu’ils puissent se présenter à ces nouvelles élections.

François-Xavier Duquenne


6 septembre 2018

Les remous au sein du groupe Tereos ont constitué un véritable feuilleton tout au long de l’été. Le dernier en date est l’exclusion, le 16 août, de trois anciens membres du Conseil de Surveillance.

Trois anciens membres du Conseil de Surveillance du groupe Tereos - Gilles Bollé, Gérard Clay et Xavier Laude – ont fait l’objet d’une procédure d’exclusion « pour avoir mené une campagne de diffusion d’informations fausses ou mensongères, systématique et publique », explique le groupe coopératif dans un communiqué daté du 16 août.

Une décision que la CGB a déploré dans un communiqué daté du 20 août. « Au-delà de l’injuste déstabilisation des exploitations concernées, cette décision met en péril les conditions de dialogue et le pluralisme des opinions au sein de la filière », estime le syndicat de planteurs.

Si la CGB rappelle son devoir de neutralité quant aux orientations et décisions internes de gestion des groupes sucriers, elle estime que « cette exclusion pose les questions de la garantie du pluralisme des opinions, de la possibilité des responsables agricoles à partager des visions pouvant être divergentes et au-delà de la relation entre un betteravier et son groupe sucrier ».

Le syndicat apporte son soutien à Gilles Bollé, Gérard Clay et Xavier Laude, « alors que rien ne leur a jamais été reproché en tant que producteur de betteraves », et annonce qu’il mettra « tout en œuvre pour les assister et rétablir leurs droits en tant que betteravier. »

Les hostilités ont commencé le 9 juillet, quand 5 membres du Conseil de Surveillance et 70 conseillers de régions représentant les sucreries d’Attin, Lillers, Chevrières, Boiry et Escaudoeuvres, ont démissionné. Ces 5 usines représentent 7 500 des 12 000 coopérateurs de Tereos. Très vite les trois leaders - Gérard Clay, Gilles Bollé et Xavier Laude - ont expliqué leurs positions dans la presse, ce qui a conduit Tereos à répliquer par les voix de son président, François Leroux, et d’autres membres du Conseil de Surveillance du groupe coopératif.

Les élus démissionnaires dénoncent une « gouvernance défaillante », demandent plus de transparence sur la gestion, et estiment que les résultats ne sont pas à la hauteur des investissements effectués, comparés aux autres groupes sucriers européens.

De son côté, le président de Tereos dénonce « une campagne de dénigrement public à partir d’informations fausses et trompeuses en portant atteinte à la réputation du groupe et aux intérêts des coopérateurs en voulant faire croire que le groupe ferait face à une situation financière difficile, ce qui est faux, ou en déformant publiquement la réalité des débats internes ayant eu lieu et des décisions prises par la coopérative. » Et il précise que « les fondamentaux économiques et financiers de Tereos, qui est devenu cette année le deuxième groupe sucrier mondial, sont solides et résilients ». Tereos rappelle aussi que son résultat net avant distribution de complément de prix était positif de 24 M€.

Le Conseil de Surveillance de Tereos, qui comptait jusqu’ici 22 membres, est désormais aujourd’hui composé de 15 membres « qui représentent toutes les régions et toutes les cultures », selon François Leroux. La tenue de nouvelles élections est annoncée en juin 2019. D’ici-là, cette affaire qui est désormais sur la place publique n’a sans doute pas fini de faire des vagues.

F.-X. D.


22 août 2018

L’été 2018 n’aura pas gâté la filière betteravière française. Interdiction française des néonicotinoïdes, sécheresse, poursuite de la chute des cours du sucre… ont compté parmi les mauvaises nouvelles qui ont émaillé la fin juillet et la première quinzaine d’août.

Alors que les professionnels avaient proposé certains engagements pour obtenir une dérogation française à l’interdiction européenne des néonicotinoïdes, le couperet est tombé officiellement le 1er août. Un décret publié au Journal officiel interdit l’utilisation de cinq substances néonicotinoïdes (clothianidine, imidaclopride, thiaméthoxame, thiaclopride et acétamipride), à partir du 1er septembre, après la décision européenne du 27 avril dernier. Dans un communiqué, la CGB a reproché au gouvernement l’« annonce sans concertation qu’il n’y aura pas de dérogation pour les néonicotinoïdes » sur betterave, et appelé Emmanuel Macron à respecter sa parole. « Refuser une dérogation à l’interdiction de l’utilisation des néonicotinoïdes en enrobage de semences de betteraves, c’est renier un engagement présidentiel qui refuse de mettre les agriculteurs dans une impasse technique », a souligné le syndicat. L’évaluation de l’Anses montre, aux yeux de la CGB, qu’« il n’y a pas d’alternative réelle » à ce type de traitement pour les semences de betteraves. Sans dérogation, les planteurs seraient exposés à des pertes de production pouvant aller « jusqu’à 50 % », poursuit le communiqué.

Une baisse de rendement attendue

Dans le même temps, la filière a dû faire face à une forte période de canicule et de sécheresse. Si les récoltes de céréales ont pu être effectuées sans trop de problèmes, les cultures tardives, comme la betterave, ont subi un important stress hydrique début août, dans les parcelles non irriguées. L’Institut technique de la betterave (ITB) a d’ailleurs revu à la baisse ses prévisions de rendement, avec - 0,3 t/ha de sucre durant le mois de juillet, atteignant ainsi 13,6 t/ha le 5 août.

Face à cette situation qui touche plusieurs pays européens, la Commission européenne a souligné que les agriculteurs touchés par la sécheresse seront financièrement aidés au-delà du soutien inscrit dans la Pac. « Les agriculteurs pourront recevoir jusqu'à 70 % de leur paiement direct et 85 % des paiements au titre du développement rural dès la mi-octobre 2018 (au lieu de décembre) », a expliqué la Commission dans un communiqué du 2 août.

Parallèlement, les cours du sucre, qui avaient atteint des records de baisse depuis l’automne 2017, ont poursuivi leur chute cet été. À Londres, le cours du sucre blanc est désormais tombé à un nouveau plancher de 307 dollars/tonne le 20 août, soit un recul de près de 25 % depuis janvier et de 4 % depuis un mois.

Cette succession de mauvaises nouvelles pourrait bien peser sur les choix futurs des agriculteurs pour leur assolement de 2019.

A.C.


20 août 2018

Le cours du sucre est relativement stable depuis fin mai : le sucre roux poursuit son oscillation autour de 12 cts/lb, et le sucre raffiné autour de 340 à 350 $/t.


1 août 2018

Le sucre poursuit sa modeste reprise ; le sucre roux revient vers les 12,5 cts/lb, après avoir été sous les 11 cts/lb fin avril, et le sucre blanc suit la tendance : nous revoilà vers les 350 $/t.


13 juillet 2018

Dans une conjoncture sucrière mondiale déprimée, Tereos et Cristal Union ont vu leurs résultats reculer sur 2017-2018. Tereos a décidé d'ouvrir son capital et Cristal Union se dit prêt à une alliance.

L’effondrement mondial des cours du sucre depuis plusieurs mois a des répercutions sur les résultats de tous les grands groupes sucriers internationaux du secteur. Les deux grands sucriers français, Tereos et Cristal Union, n’ont pas fait exception. Devenu numéro 2 mondial derrière l’allemand Sudzücker, Tereos a enregistré une progression de 3 % de son chiffre d’affaires à 4,98 milliards d'€ (Md€) sur l’exercice 2017-2018, clôturé au 31 mars. Mais son résultat net affiche une perte de 18 M€, contre un bénéfice de 73 M€ l'année précédente. Avant distribution de compléments de prix à ses coopérateurs, Tereos était cependant bénéficiaire de 24 M€. L’EBITDA du groupe s’élève à 594 M€, soit un niveau très proche de celui de 2016-2017.

De son côté, le deuxième sucrier français, Cristal Union, a enregistré un chiffre d’affaires de 2,022 Md€ sur son exercice clos au 31 janvier, contre 2,479 Md€ sur 2015-2017, mais celui-ci courrait sur une durée de 16 mois (30 septembre 2015 au 31 janvier 2017) et non de 12 mois. Le groupe affiche un EBITDA de 181 M€, contre 356 M€ sur 2015-2017. Le résultat net part du groupe reste positif. Il s’élève, lui, à 49 M€ sur 2017-2018, en net recul par rapport à l’exercice précédent (132,60 M€). À titre de comparaison, les résultats de 2017- 2018 se situent au-dessus de ceux de 2014-2015 également sur douze mois.

Suppression du prix minimum chez Cristal Union

Face à cette mauvaise conjoncture qui dure, les deux groupes sucriers français infléchissent leur stratégie. Le conseil d’administration de Cristal Union a décidé « à l’unanimité » de « supprimer le prix minimum de la betterave dès la campagne 2018 » et de geler certains investissements industriels, comme l’augmentation de capacité de la sucrerie de Bazancourt (Marne). Ils ne seront que de 50 M€ cette année et de 35 M€ l’an prochain, contre 92 M€ sur 2017-2018. Avec ces économies réalisées, Cristal Union se dit prêt à envisager des acquisitions ou des rapprochements avec un acteur européen. « Cela peut être des alliances avec des forts et des prédations sur les faibles », a révélé Alain Commissaire, le directeur du groupe, en soulignant « avoir lancé une étude interne sur chaque acteur ». Cristal Union dit pouvoir disposer d’une capacité financière d’achat de plus d’un milliard d'euros. De son côté, Tereos envisage d’ouvrir son capital à des investisseurs minoritaires à l’échelle du groupe, c’est-à-dire de la nouvelle coopérative unique. À ce jour, toutes les options sont sur la table, a révélé Alexis duval, le président du directoire du groupe, sauf la création d’une filiale spécifique pour accueillir de nouveaux investisseurs.

A. C.


14 juin 2018
Le Betteravier français, le journal de référence des planteurs depuis 1952, qui décrypte l'actualité de la filière betterave-sucre et des grandes cultures avec ses 18 numéros et ses 2 cahiers spéciaux par an.