mardi 19 novembre 2019
Expérimentation dans les vignes autour de l'agro-écologie. Expérimentation dans les vignes autour de l'agro-écologie. ©BASF

Phytos : BASF veut prendre le virage de l'agroécologie

Le groupe allemand, qui vient de racheter de nombreuses activités à son rival Bayer, développe de nouvelles solutions sur l’agroécologie.

Nicolas Kerfant en est persuadé. Le directeur général France de BASF Agro estime que « la croissance du marché de la protection des plantes en Europe va se faire sur les semences, le digital et le biocontrôle ». Pour BASF, la pression pour réduire le volume des produits de protection des plantes va pousser l’innovation à développer de nouveaux itinéraires agroécologiques. « Demain, nous aurons trois types de clients : les agriculteurs en bio, en conventionnel et sur un segment intermédiaire autour de l’agroécologie. C’est à eux que l’on veut s’adresser », insiste Jean-Marc Petat, le directeur agriculture durable France de BASF Agro. Cela passera notamment par une nouvelle offre en matière de biocontrôle, segment encore petit (5 % du marché), mais qui connaît une forte croissance. Revendiquant 12 % de ce marché en France, BASF veut passer d’ici deux ans à 15 %. Quatre nouvelles solutions vont être lancées en 2019, sur colza, légumes et vignes. Les acquisitions récentes d’activités de son rival allemand Bayer, cédées après le rachat du groupe américain Monsanto, devraient aussi aider BASF à se développer dans cette troisième voie. C’est le cas de la start-up Xarvio, créée en 2015. « Notre objectif est de créer de la valeur pour les agriculteurs en améliorant et automatisant la production des cultures », explique Benjamin Wallace, le directeur de Xarvio. 200 millions d’euros vont être investis d’ici 2020. Xarvio lance cette année Field Manager, une plateforme permettant de planifier et moduler les activités de traitement, notamment de fongicides, de façon intra-parcellaire, selon les besoins.

Des partenariats agricoles

Des tests sur des systèmes de pulvérisations dites « intelligentes » ou « Smart Sprayer » sont aussi programmés. Ces équipements utilisent des capteurs distinguant les mauvaises herbes des cultures, assurant une action chimique plus précise et ciblée. BASF est ainsi entré au capital de la start-up suisse Ecorobotix en juin dernier, qui a développé des robots pour faire de la pulvérisation chimique ciblée. Le groupe mise également sur le développement de partenariats. « La puissance de notre recherche interne est mise au profit des agriculteurs, pour des expérimentations en plein champs, avec le concours d’entreprises des filières concernées », explique le directeur France de BASF Agro. C’est le cas d’un partenariat entre BASF, les vignerons alsaciens Hauller et AgroMousquetaires autour du biocontrôle dans le vin, mais aussi entre la coopérative Terrena et Ackerman dans le même domaine. Pour l’automne 2019, BASF devrait dévoiler une feuille de route pour accompagner la transition agroécologique. D’ici là, le groupe allemand promet de terminer l’intégration des activités rachetées en août 2018 à Bayer, soit la plus grosse opération de croissance externe de son histoire. Le montant de l’opération a avoisiné les 7,6 mds€, pour un chiffre d’affaires supplémentaire de 2,2 mds€ venant s’ajouter aux 5,7 mds€ réalisés déjà par le groupe. Avec cette acquisition, BASF se place désormais à la quatrième place mondiale du marché de l’agrochimie, derrière Bayer, Syngenta/Adama et DowDuPont / Corteva.

A.C.

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