vendredi 6 décembre 2019
Claude Tabel a été élu le 6 novembre à la tête de l’Union française des semenciers (UFS). Claude Tabel a été élu le 6 novembre à la tête de l’Union française des semenciers (UFS). ©UFS

Les quatre priorités du nouveau président des semenciers français

Nouveau président de l’Union française des semenciers (UFS), Claude Tabel veut faire pression sur les pouvoirs publics pour sortir du flou juridique sur les NBT. Il entend aussi poursuivre le développement économique de la filière.

Changement de tête à l’Union française des semenciers (UFS). Claude Tabel a été élu, le 6 novembre, nouveau président de l’organisation. Il remplace Franck Berger, dont le mandat arrivait à terme, et qui devient vice-président. Claude Tabel est un fin connaisseur du secteur des semences. Ingénieur agronome de formation, Claude Tabel entre en 1996 au sein du groupe RAGT. Il y dirige l’ensemble des activités recherche, avant d’intégrer le directoire, puis d’en prendre la présidence en juillet 2013. Présent au conseil d’administration de l’UFS depuis sa création il y a dix ans, Claude Tabel veut « travailler dans la continuité de ses prédécesseurs », au côté de la nouvelle directrice, Rachel Blumel, arrivée en janvier dernier. Le reste du bureau est composé de Xavier Thévenot, secrétaire général, et de Patrick Mariotte, trésorier.

Mutagénèse dirigée

Claude Tabel entend défendre quatre sujets prioritaires pour la filière. Son premier combat va consister à « libérer l’innovation ». « Face à toutes les interdictions subies par les agriculteurs sur l’emploi de produits, les semenciers sont de plus en plus perçus comme des apporteurs de solutions. Pour cela, nous avons besoin d’une boîte à outils comprenant les nouvelles techniques d’amélioration des plantes (NBT), notamment la mutagenèse dirigée. Cela est indispensable pour développer des solutions utiles à la transition agroécologique pour laquelle l’innovation sera déterminante », insiste-t-il. Pour l’UFS, « le flou juridique que le Conseil d’État entretient autour de la décision de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) de juillet 2018 crée un climat d’insécurité juridique et économique ». C’est pourquoi l’UFS et 28 organisations agricoles et agroalimentaires ont appelé, fin septembre, le gouvernement français à se joindre, aux côtés de douze État membres, à l’initiative néerlandaise pour inciter la Commission européenne à aménager la directive 2001/18 sur les OGM. « Nous souhaiterions que soit modifiée ou complétée l’annexe 1 de la directive, pour que les cas où il n’y a pas d’ADN d’origine étrangère à la plante soient exemptés d’obligations de traçabilité propres aux OGM », détaille Claude Tabel.

Le deuxième axe porté par le nouveau président concerne le développement économique du secteur, leader en Europe, qui pèse 3,28 milliards d’euros de chiffre d’affaires. « Nous souhaitons que les 12 000 emplois directs soient préservés sur le territoire », martèle-il, en pointant la loi Egalim. Pour l’UFS, l’article 83 du texte va empêcher les entreprises d’exporter des semences traitées avec des substances non autorisées à partir de 2022. « Cela pourrait provoquer la perte de 500 millions d’euros de chiffre d’affaires pour la filière », prévient Claude Tabel. La troisième priorité du nouveau président concernera la poursuite du travail de communication et de reconnaissance de l’UFS, notamment auprès des pouvoirs publics, comme interlocuteur principal de la filière semencière française. Enfin, le quatrième dossier visera à améliorer la politique RSE (responsabilité sociétale des entreprises) des sociétés adhérentes, notamment en matière de conditions de travail.

Adrien Cahuzac

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