dimanche 17 novembre 2019
Le sucre européen, livré en avril, reste proche des 310 €/t. Mais sur le marché spot, il avoisine les 430 €/t, sortie usine, alors que le bilan européen montre de gros signes de tensions qui ne sont pas près de se détendre. Le sucre européen, livré en avril, reste proche des 310 €/t. Mais sur le marché spot, il avoisine les 430 €/t, sortie usine, alors que le bilan européen montre de gros signes de tensions qui ne sont pas près de se détendre.

Sucre : Un frémissement à l’oeuvre ?

Certains analystes et spéculateurs, anticipant un déficit plus important que prévu, font frémir les cours du sucre.

Les cours du sucre brut se sont repris, fin mai début juin. Si les premiers jours de mai ont emporté le sucre roux sous les 12 cts/lb, il approche désormais les 12,8 cts/lb. Le sucre blanc peine à suivre le rythme et reste sous les 340 $/t, avec une prime de blanc (différence entre ces deux qualités de sucre) historiquement basse : sous les 55 $/t.

Il faut dire que le retard des pluies en Inde pourrait faire penser à un début d’évènement El Niño. N’est-ce qu’un évènement de “weather market”, c’est-à-dire une fébrilité du marché aux moindres informations météos, ou se passe-t-il quelque chose ? Les fondamentaux pousseraient vers la seconde hypothèse : de l’autre côté du globe, dans le même temps, l’allocation de la canne vers l’éthanol atteint un nouveau record au Brésil, à 33 % sur les deux premiers mois de la campagne. Dans le pays, la campagne connaît un léger retard : 5 % de canne en moins ont été écrasés, par rapport à la même époque, l’an dernier. Mais cette moindre allocation de la canne destinée à la production de sucre accentue l’effet sur le cours, avec une baisse du sucre de 12 %.

Dès lors, certains analystes anticipent que le déficit annoncé pour 2019-2020 (1,5 Mt selon FoLicht) pourrait être plus important que prévu. C’est ce qu’estiment probablement les spéculateurs qui réduisent massivement leurs positions à la vente : ils étaient nets-vendeurs de presque 10 Mt fin mai, ils ne le sont désormais que de 7 Mt. Du côté européen, le marché spot reste au-delà des 430 €/t en équivalent sortie usine française. Cela correspond à des volumes anecdotiques, mais permet de fixer un cadre pour les négociations relatives à la campagne suivante, davantage en faveur des vendeurs de sucre que des acheteurs. D’autant que le bilan européen se creuse encore : les chiffres du commerce extérieur sur les six premiers mois de campagne laissent à penser que le stock de fin de campagne pourrait être sous les 1,2 Mt, contre 2,6 Mt en moyenne 5 ans ! Et cela pourrait encore s’accentuer : l’éthanol européen a suivi la hausse des céréales et gagne 10 €/hl en trois mois. Désormais, si le sucre est sous les 405 €/t, il vaut donc mieux utiliser les betteraves à faire de l’éthanol, quitte à tendre encore davantage le bilan !

TIMOTHÉ MASSON, CGB

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Le Betteravier français, le journal de référence des planteurs depuis 1952, qui décrypte l'actualité de la filière betterave-sucre et des grandes cultures avec ses 18 numéros et ses 2 cahiers spéciaux par an.