vendredi 6 décembre 2019
ours du sucre mondial et européen (en €/t) ours du sucre mondial et européen (en €/t)

Sucre : les cours stagnent malgré le déficit

Bien que le déficit mondial continue à se creuser, les cours du sucre sont toujours stables autour de 12,5 cts/lb.

Les cours du sucre roux sont stables sur le marché mondial depuis le début de la campagne, autour de 12,5 cts/lb. Les principales nouvelles de la dernière semaine sont venues des révisions concernant les volumes de production de la part de l’analyste F.O. Licht, qui anticipe un déficit mondial, sur la campagne qui ouvre, plus important que prévu : autour de 6,5 Mt.

Incertitudes indiennes

La Thaïlande, tout d’abord, qui ouvrira sa campagne le mois prochain, devrait voir sa production autour de 13 Mt. C’est 2 Mt de moins que son record, deux ans auparavant, du fait d’une allocation des surfaces, par les planteurs, plus importante envers le manioc tout particulièrement.

Du côté de l’Inde, et alors que la campagne vient tout juste d’ouvrir, les incertitudes restent grandes. La surface plantée en canne aurait baissé de 10 % et le début de la végétation a été gêné par la sécheresse, alors que les moussons ont été plus qu’abondantes en fin de pousse. Résultat : l’Inde devrait produire moins de 30 Mt, soit 5 Mt de moins que l’an passé. Pourrait-elle même produire moins que sa consommation sur la campagne qui arrive, alors qu’elle possède toujours près de 20 % des stocks mondiaux – eux-mêmes au plus haut ?

Enfin, le Brésil, qui termine actuellement sa campagne 2018-2019 et n’ouvrira la suivante qu’en avril, figure, lui aussi, parmi les régions du globe où les pronostics six mois à l’avance sont délicats. D’ici avril, les jeux sont faits, mais la parité entre l’éthanol et le sucre, à l’ouverture de la prochaine campagne, sera scrutée. Le pétrole reste actuellement bas (autour de 61 $/baril), et devrait jouer contre l’allocation de la canne vers l’éthanol. Mais le réal commence à reprendre des couleurs (il faut à nouveau moins de 4 BRL par dollar) et pourrait minimiser cet effet.

En tout cas, les spéculateurs maintiennent leur vision nette vendeur de 10,5 Mt. Comme le résumait bien un analyste (Marex Spectron) il y a dix jours : « pourquoi tout le monde est baissier ? Parce que les spéculateurs sont vendeurs. Pourquoi les spéculateurs sont vendeurs ? Parce que tout le monde est baissier »…


TIMOTHÉ MASSON, CGB

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Le Betteravier français, le journal de référence des planteurs depuis 1952, qui décrypte l'actualité de la filière betterave-sucre et des grandes cultures avec ses 18 numéros et ses 2 cahiers spéciaux par an.