Digestat

Un or noir à bien connaître

EnvironnementAgronomie

Alors que le nombre de méthaniseurs explose en France, bien connaître la valeur fertilisante des digestats devient primordial. A partir de 102 analyses, la chambre régionale d’agriculture des Hauts-de-France fait le point sur la grande variabilité de cet or noir.

Le digestat, c’est la matière restante après la transformation de la biomasse en biogaz (méthane et CO2). Cécile Manhes, conseillère à la chambre agriculture du Nord-Pas-de-Calais, a présenté cet « or noir » lors de la journée Epand’Agri day, le 23 septembre dernier, à Anguilcourt-le-Sart. Lors de la méthanisation, les bactéries transforment environ les deux tiers de la matière organique biodégradable. Le digestat se compose d’eau, de matière non dégradable, de matière dégradée partiellement et de minéraux dissous. Ce produit a une composition très variable.

La chambre d’agriculture du Nord-Pas-de-Calais a comparé une centaine d’analyses de digestat obtenues avec différents types de méthaniseurs et de rations. Qu’il soit solide ou liquide, le digestat apporte des fertilisants de fond disponibles très rapidement (avec une disponibilité de 85 % pour le phosphore et de 100 % pour la potasse). Ils couvrent en partie les besoins des cultures. En revanche, leur taux de matière sèche, de matière organique et d’azote s’avère très différent.

Le pH des digestats oscille de 8 à 8,8. Les valeurs de C/N, dépendent aussi du type de méthanisation (de 2,4 en voie sèche à 15,1 en digestat solide avec séparation de phase). Même constatation pour la matière organique qui représente de 1,5 % du produit brut du digestat liquide (en voie sèche) à 17 % du digestat solide (en séparation de phase). La teneur en minéraux, comme celle de l’azote ammoniacal sur l’azote total, varie du simple au triple.

Le solide, amendement organique

Le digestat solide s’apparente à du fumier de bovin, avec environ 23 % de matières sèches MS (digestat solide issu de la séparation de phase et de digestat brut solide) à comparer aux 26 % de MS du fumier de bovin. Il apporte de la matière organique stable. Son effet est amendant pour les sols avec un indice de stabilité de la matière organique (ISMO) de 60 %. Il a un comportement de type amendement organique, comme le fumier de bovin (effluent de type 1). Les digestats solides ont des taux d’azote total de 4 à 9 kg/t, proches des fumiers de bovins (5,4 kg/t en moyenne). Environ 80 % sont de l’azote organique (93 % pour le fumier de bovin). Environ 10 % de cet azote organique minéralise chaque année.

Le digestat solide s’utilise comme amendement en tête de rotation. « Attention à la faim d’azote qui peut arriver avec le digestat solide obtenu en séparation de phase à partir du fumier de bovin, met en garde Cécile Manhès, conseillère à la chambre régionale d’agriculture des Hauts-de-France. Il faut le mettre au minimum deux mois avant les cultures principales ».

Le liquide, engrais organique

Le digestat liquide (brut ou avec séparation de phase) ressemble à du lisier, avec un taux de MS de l’ordre de 7 % (4 % en lisier de bovin et 3 % en lisier de porc). Il a un comportement d’engrais organique (effluent type 2). Les digestats liquides s’apparentent au lisier porcin pour leur taux d’azote total (4,8 à 4,3 kg/t). La variabilité est très importante (de 2,7 kg/m3 à 7 kg/m3) entre les unités de méthanisation, tout comme au sein d’une même unité. Environ 50 % de l’azote se trouve sous forme ammoniacale. Sa disponibilité est rapide avec un véritable effet azote. Mais sa volatilisation aussi ! Sans enfouissement, la quasi-totalité de l’azote ammoniacal se volatilise. La volatilisation a lieu dans les heures suivant l’épandage. 15 % à 20 % de l’azote organique est minéralisé en première année (entre 15 et 25 % les années suivantes).

Globalement, l’apport de fumier de bovin dans la ration du méthaniseur augmente le taux de MS final des digestats liquides (8 %, contre 4,4 % sans fumier).

Le digestat liquide s’utilise à l’automne, avant, ou sur culture intermédiaire piège à nitrate (Cipan) ou culture intermédiaire à vocation énergétique (Cive), sur le colza et les prairies. Il peut aussi être épandu au printemps sur le maïs, les betteraves, les pommes de terre, ou encore en premier ou deuxième apport sur le blé ou les prairies. Quel que soit le digestat, une analyse s’impose pour optimiser sa valeur fertilisante.

Exemple de fertilisation sur betterave

Un apport de 30 t de digestat brut liquide apporte la moitié des besoins d’une betterave en potasse et 70 % des besoins en phosphore. L’azote disponible représente un tiers de besoins annuels de la betterave. 30 tonnes de digestat solide issu de séparation de phase apportent 120 unités disponibles de P2O5, soit plus que les besoins de la plante, et les 2/3 des besoins en potasse d’une culture de betterave. Par contre, l’azote disponible se réduit à 18 unités.

Le digestat, c’est la matière restante après la transformation de la biomasse en biogaz (méthane et CO2). Cécile Manhes, conseillère à la chambre agriculture du Nord-Pas-de-Calais, a présenté cet « or noir » lors de la journée Epand’Agri day, le 23 septembre dernier, à Anguilcourt-le-Sart. Lors de la méthanisation, les bactéries transforment environ les deux tiers de la matière organique biodégradable. Le digestat se compose d’eau, de matière non dégradable, de matière dégradée partiellement et de minéraux dissous. Ce produit a une composition très variable.

La chambre d’agriculture du Nord-Pas-de-Calais a comparé une centaine d’analyses de digestat obtenues avec différents types de méthaniseurs et de rations. Qu’il soit solide ou liquide, le digestat apporte des fertilisants de fond disponibles très rapidement (avec une disponibilité de 85 % pour le phosphore et de 100 % pour la potasse). Ils couvrent en partie les besoins des cultures. En revanche, leur taux de matière sèche, de matière organique et d’azote s’avère très différent.

Le pH des digestats oscille de 8 à 8,8. Les valeurs de C/N, dépendent aussi du type de méthanisation (de 2,4 en voie sèche à 15,1 en digestat solide avec séparation de phase). Même constatation pour la matière organique qui représente de 1,5 % du produit brut du digestat liquide (en voie sèche) à 17 % du digestat solide (en séparation de phase). La teneur en minéraux, comme celle de l’azote ammoniacal sur l’azote total, varie du simple au triple.

Le solide, amendement organique

Le digestat solide s’apparente à du fumier de bovin, avec environ 23 % de matières sèches MS (digestat solide issu de la séparation de phase et de digestat brut solide) à comparer aux 26 % de MS du fumier de bovin. Il apporte de la matière organique stable. Son effet est amendant pour les sols avec un indice de stabilité de la matière organique (ISMO) de 60 %. Il a un comportement de type amendement organique, comme le fumier de bovin (effluent de type 1). Les digestats solides ont des taux d’azote total de 4 à 9 kg/t, proches des fumiers de bovins (5,4 kg/t en moyenne). Environ 80 % sont de l’azote organique (93 % pour le fumier de bovin). Environ 10 % de cet azote organique minéralise chaque année.

Le digestat solide s’utilise comme amendement en tête de rotation. « Attention à la faim d’azote qui peut arriver avec le digestat solide obtenu en séparation de phase à partir du fumier de bovin, met en garde Cécile Manhès, conseillère à la chambre régionale d’agriculture des Hauts-de-France. Il faut le mettre au minimum deux mois avant les cultures principales ».

Le liquide, engrais organique

Le digestat liquide (brut ou avec séparation de phase) ressemble à du lisier, avec un taux de MS de l’ordre de 7 % (4 % en lisier de bovin et 3 % en lisier de porc). Il a un comportement d’engrais organique (effluent type 2). Les digestats liquides s’apparentent au lisier porcin pour leur taux d’azote total (4,8 à 4,3 kg/t). La variabilité est très importante (de 2,7 kg/m3 à 7 kg/m3) entre les unités de méthanisation, tout comme au sein d’une même unité. Environ 50 % de l’azote se trouve sous forme ammoniacale. Sa disponibilité est rapide avec un véritable effet azote. Mais sa volatilisation aussi ! Sans enfouissement, la quasi-totalité de l’azote ammoniacal se volatilise. La volatilisation a lieu dans les heures suivant l’épandage. 15 % à 20 % de l’azote organique est minéralisé en première année (entre 15 et 25 % les années suivantes).

Globalement, l’apport de fumier de bovin dans la ration du méthaniseur augmente le taux de MS final des digestats liquides (8 %, contre 4,4 % sans fumier).

Le digestat liquide s’utilise à l’automne, avant, ou sur culture intermédiaire piège à nitrate (Cipan) ou culture intermédiaire à vocation énergétique (Cive), sur le colza et les prairies. Il peut aussi être épandu au printemps sur le maïs, les betteraves, les pommes de terre, ou encore en premier ou deuxième apport sur le blé ou les prairies. Quel que soit le digestat, une analyse s’impose pour optimiser sa valeur fertilisante.

Exemple de fertilisation sur betterave

Un apport de 30 t de digestat brut liquide apporte la moitié des besoins d’une betterave en potasse et 70 % des besoins en phosphore. L’azote disponible représente un tiers de besoins annuels de la betterave. 30 tonnes de digestat solide issu de séparation de phase apportent 120 unités disponibles de P2O5, soit plus que les besoins de la plante, et les 2/3 des besoins en potasse d’une culture de betterave. Par contre, l’azote disponible se réduit à 18 unités.

Le Betteravier français,
le journal de référence des filières betterave-sucre et grandes cultures depuis 1952.

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