Selon Arvalis, le Pygmalion présente un intérêt pour diminuer les IFT fongicides pommes de terre. Son emploi dépend de la variété sur laquelle il est utilisé. Une autre spécialité à l’étude (846) permet aussi d’obtenir ce résultat. (Voir tableau)

Pour chaque association, le niveau d’efficacité équivaut au produit conventionnel seul à pleine dose.

Utiliser quand c’est possible le levier variétal

Mais le levier le plus efficace pour retarder le début de l’épidémie de mildiou reste l’effet variétal. À Boigneville, la variété Magnum a été contaminée à 100 %, 26 jours après la variété Bintje, soit le 24 juillet contre le 28 juin pour la Bintje. (Voir graphique)

L’idéal est d’associer la variété avec une protection ajustée (exemple Revus 0,2 l/ha + Pygmalion). La réduction de l’IFT sur variété sensible est possible, mais beaucoup plus difficile.

Utiliser les molécules à bon escient

Les préconisations en curatif associent un cymoxanil (Proxanil + Ranman Top en T1, suivi 3 ou 4 jours après par un Cymbal + Ranman Top ou un Reboot + Ranman Top).

Des cas de résistance aux souches mildiou CAA (famille des Carboxylic Acides Aminés) sont observés au Benelux et en Allemagne avec le Zorvec. Il ne faut jamais le dépacker. Il faut le réserver en préventif, le proscrire en curatif et le limiter à deux traitements par saison. En forte croissance et forte pression, il faut renouveler l’application impérativement au bout de 7 jours, au lieu de 10 jours habituellement. Enfin, il faut l’alterner avec des produits haut de gamme (Revus, Infinito, Ranman Top…) .

De même, il faut éviter le Cymoxanil en début de cycle, mais le garder pour les traitements curatifs ou les retards de traitement. Enfin, le Proxanil ne doit pas être utilisé en solo.

Mais une bonne gestion du mildiou commence par une bonne prophylaxie, notamment la gestion des tas de déchets avec un bâchage ou l’application de chaux vive. Les premiers symptômes du mildiou commencent souvent sur les tas.

Dernière campagne pour Mileos.fr

2024 sonnera la dernière campagne pour Mileos.fr. Le modèle d’Arvalis sera intégré dans les outils d’aide à la décision commerciaux. Il fonctionnera par API, Application Programming Interface. Cette interface informatique devrait permettre à des développeurs informatiques de faire communiquer leurs applications entre elles de manière sécurisée. Arvalis argumente que cela engendrera plus d’interopérabilité entre solutions (gestionnaires de parcelles, OAD, météo,…) et moins de double saisie, ainsi qu’une interface plus conviviale et optimisée. Les fonctionnalités essentielles de Mileos se retrouveront dans l’ensemble des OAD. Par contre, le modèle de prédiction du mildiou reste géré au sein du système informatique d’Arvalis. Les fonctionnalités essentielles de Mileos seront respectées par les éditeurs avec un même cahier des charges d’intégration et des vérifications des conditions de conformité et des affichages des OAD par l’institut du végétal. Arvalis continue d’accompagner la filière dans l’utilisation du modèle.

L’abonnement se fera désormais via un éditeur d’OAD / gestionnaire de parcelles. La météo mesurée sera gérée par le propriétaire de la station. La météo prévisionnelle proviendra des stations connectées et/ou des éditeurs. Six éditeurs proposent une offre : Abelio, Geofolia, Hygo, Sencrop, Xarvio, Cropwise, MesParcelles.

La plateforme Visiofarm, interface développée par Arvalis, permettra un suivi d’ensemble des agriculteurs utilisant les OAD connectés à l’API Protection de la pomme de terre. Ce suivi, permis par la visualisation des indices de risque, sera à la disposition des acteurs de la filière.

Une pression mildiou moyenne à forte en 2023

Pour le mildiou, la pression reste bien présente tout au long de la campagne 2023, vu la forte hygrométrie avec les températures douces la nuit et l’hygrométrie matinale.

Les premiers symptômes sur tas de déchets s’observent dès la semaine du premier mai dans le Nord-Pas-de-Calais. Le risque reste élevé jusqu’au 6 juin et semble hétérogène ensuite selon les secteurs. Mais début juillet, le risque augmente nettement, avec l’apparition des premiers symptômes en parcelle autour du 11 juillet dans le Pas-de-Calais et du 1er août dans le Nord-Pas-de-Calais et la Somme. L’Aisne est touché plus tardivement (mi-août).

Près d’un tiers des parcelles sont contaminées le 29 août et la moitié le 5 septembre, d’après les résultats régionaux du BSV. Le 12 septembre, la maladie devient maîtrisée dans l’ensemble.