Cette édition 2026 du Salon International de l’agriculture a été particulière à plus d’un titre. L’absence de bovins et de nombreux éleveurs a terni l’ambiance et explique en grande partie la baisse de fréquentation du grand public.
Néanmoins, le Salon continue à s’affirmer comme un rendez-vous incontournable pour interpeller les responsables politiques, leur faire passer nos messages sans filtre et leur demander des actes concrets.
Dans une atmosphère souvent électrique, marquée par une colère légitime, un ras-le-bol profond et un manque de confiance dans la parole publique, nous avons fait entendre la voix de la filière betteravière et des grandes cultures, avec une force et une détermination inédites.
Les sujets ne manquent pas : loi d’urgence agricole, moyens de production, poids des normes et des surtranspositions, hausse des charges, taxes à la production, importations de produits ne respectant pas nos normes de production, etc. Notre agriculture est mise à mal par des politiques incohérentes et déconnectées du terrain, qui brident notre potentiel de production et fragilisent nos entreprises.
Nous avons donc durci le ton en mettant sur la table tous ces sujets avec le président de la République, le Premier ministre, le Commissaire européen à l’agriculture, mais aussi de nombreux parlementaires, élus locaux et représentants de l’administration.
Cette forte pression constante a commencé à porter ses fruits :
Régime de perfectionnement actif sucre : confirmation par Christophe Hansen, Commissaire européen à l’agriculture de la suspension de ce régime douanier avec mise en œuvre sous deux mois. Il est urgent de stopper ces importations (plus de 500 000 tonnes) non taxées qui plombent le marché européen du sucre. Loi d’urgence : le Premier ministre a enfin accéléré le calendrier. Le vote de cette loi avant l’été est pour nous une priorité absolue, non négociable. Loi Duplomb : nous nous battons sans relâche pour accompagner cette loi et mettre fin aux distorsions de concurrence qui asphyxient nos exploitations et pénalisent notre compétitivité et notre souveraineté.
Ce salon a hélas été gâché par l’annonce par la Commission européenne de son intention d’appliquer provisoirement l’accord avec le Mercosur. La CGB a dénoncé cette décision scandaleuse qui piétine le vote récent du Parlement, qui a décidé en janvier de saisir la Cour de Justice de l’UE sur la conformité de cet accord avec le droit européen. Ce signal désastreux pour la démocratie européenne n’altère en rien notre détermination à tout mettre en œuvre pour contrer cet accord néfaste pour notre filière.


