La France dispose d’une capacité de stockage de 44 Mt, dont 37 Mt ventilées pour une collecte nationale annuelle de céréales comprise entre 52 et 65 Mt.

La Coopération Agricole-Métiers du grain a confié à Ceresco, une société de conseil spécialisée dans le secteur agricole et agroalimentaire, la mission d’évaluer le prochain plan de modernisation des capacités de stockage des coopératives.

À ce jour, 40 % des capacités de stockage ont plus de 50 ans et seules 15 %, moins de 25 ans. Le plan d’investissement présenté par la société de conseil, lors d’une conférence organisée par La Coopération Agricole durant l’édition 2026 du Salon de l’Agriculture, ne vise pas à renouveler la totalité du parc vieillissant. Ce plan étalé sur quinze ans projette de munir les coopératives d’un parc de silos dotés d’équipements de pointe, recentrés sur certains sites majeurs, pour optimiser leurs capacités de stockage. Aussi seront-elles au final réduites de 20 % par rapport au parc existant.

Au cours des quinze prochaines années, 31 % des capacités de stockage actuelles seraient démantelées (l’équivalent de 13,5 Mt). Mais de nouveaux silos seraient (re)construits sur des sites actuels pour accroître de 10 % leurs capacités et pour compenser une partie des silos détruits. Le reste du parc serait rénové et modernisé.

Le plan d’investissement présenté par Ceresco est évalué à 4,3 milliards d’euros (Mds d’€) sur quinze ans, soit 8 €/t et par an sur les sites ciblés.

Mais la massification des capacités de stockage, de séchage et les nouvelles prestations créatrices de valeur, que les coopératives seraient en mesure de fournir, amortiront ces coûts supplémentaires. Enfin, pour gagner en performance, La Coopération Agricole propose d’activer tous les leviers fiscaux (en optant pour des suramortissements) et réglementaires (accès au foncier et réglementations simplifiés, obtention plus rapide des permis de construire).

Dimension stratégique

Si la France parvient à faire reconnaître par la Commission européenne la dimension stratégique d’une partie de ses stocks de céréales, une fraction de son plan pourrait être financée par le budget européen. En effet, la Commission souhaite avoir les moyens de gérer les crises sanitaires ou d’approvisionnement qui surviendraient en cas d’épidémies ou de conflits,

Selon Céresco, les 4,3 Mds d’€ du plan d’investissement seraient ventilés ainsi :

2,1 Mds d’€ pour la construction de nouveaux silos dont 265 M€ pour la diversification des activités de l’ensemble du parc de silos. 1,02 Mds d’€ pour financer la rénovation complète ou légère des silos conservés, afin de prolonger leur durée de vie en les maintenant aux normes et les dotant d’équipements de pointe.

Par ailleurs, le plan Ceresco prévoit 894 M€ pour moderniser les infrastructures (silos « augmentés ») et pour accompagner la fin de vie d’une partie du parc de silos (13,5 Mt). Enfin, 20 M€ financeront la recherche-développement pour créer un choc de compétitivité.

Lire auss : Les coopératives céréalières en recherche de rentabilité