« L’engrais azoté, c’est du gaz solide », résume Philippe Lorcy, président SAS Eliard-Spcp & Fertemis, qui rappelle qu’il faut environ 560 à 570 m³ de gaz naturel pour produire l’ammoniac incorporé dans une tonne d’urée. Le marché européen des engrais est donc extrêmement vulnérable aux crises géopolitiques et à la volatilité des prix de l'énergie. Les formes d’engrais les plus exposées aux taxes carbone seront de plus en plus chères. Ce qui fait dire à Michael Tavernier, ingénieur des ventes chez LAT Nitrogen : « l’engrais azoté pas cher : c’est fini ».

L'indice TTF (prix du gaz) : c'est un indicateur que l'on peut suivre facilement. Pour l'urée produite en Europe, il existe une règle simple : il faut multiplier la valeur du TTF par 6 pour obtenir l'estimation de la valeur du gaz contenu dans une tonne d'urée. Par exemple, si le TTF vaut 40 €/MWh, la part du gaz dans le prix de l'urée est d'environ 240 €/t.