Attendue de pied ferme par le secteur agricole, la présentation du plan CASI (canicules, sécheresse, incendies) par la ministre de l’Agriculture, le 4 septembre, n’a pas totalement convaincu. « Le milliard d’euros annoncé peut impressionner, mais il ne doit pas masquer la réalité », réagissent, dans un communiqué commun, les associations spécialisées grandes cultures, selon qui « une part importante de cette enveloppe correspond à des mécanismes qui existaient déjà et qui ont précisément vocation à intervenir lorsqu’un agriculteur subit une perte de récolte ou un accident climatique majeur. » Les 5 syndicats (AGPB, AGPM, CGB, Fop, UNPT) chiffrent ainsi les pertes, pour les grandes cultures, à hauteur de 6,6 milliards d’euros. Alors qu’elles demandent une aide de 450 €/ha, les organisations regrettent que des mesures comme la suspension de la redevance pour pollution diffuse ou le gel des redevances irrigation ne soient pas prévues dans le plan.
Rencontre avec le Premier ministre le 8 septembre
Du côté de la FNSEA, si on reconnaît que l’urgence a été entendue, le détail du plan d’aides est jugé insuffisant pour soutenir le redémarrage des exploitations. Le syndicat déplore notamment « l’absence d’élargissement d’accès et d’indemnisation » pour l’ISN (indemnité de solidarité nationale), ou encore « l’absence d’annonce sur l’appui à la trésorerie via l’accès à des crédits bancaires de court terme facilités ou à des reports ». La FNSEA portera ces demandes lors d’un échange avec le Premier ministre, le 8 septembre. Par ailleurs, le syndicat indique attendre des actions de la part des filières. « Les prix payés aux producteurs sont le meilleur moyen d’aider les agriculteurs. Il est urgent de rouvrir les négociations commerciales pour permettre que la hausse des coûts de production agricole se traduise concrètement par une revalorisation du prix payé aux producteurs », plaide la FNSEA. La grande distribution ne semble cependant pas très encline à revoir les prix à la hausse, avant le prochain round de négociations l’hiver prochain.
Même son de cloche dans les rangs de Jeunes agriculteurs qui déplore, pour sa part, « l’absence totale de mesures destinées à adapter les exploitations agricoles aux conséquences du changement climatique. Où sont les financements pour adapter nos exploitations ? », s’interroge le syndicat. Ce dernier rappelle par ailleurs que le plan de relance agricole, promis par le Premier ministre, qui a fait de l’agriculture son « dossier numéro un an de rentrée », est « conditionné à l’adoption incertaine du prochain projet de loi de finances ».