Dans un contexte de forte mobilisation du secteur agricole, la ministre de l’Agriculture, accompagnés de ceux en charge de la transition écologique et des comptes publics, a fait une série d’annonces au monde agricole, le 9 janvier en fin de journée. « Le travail [engagé avec le Premier ministre, ndlr] n’est pas achevé mais il a vocation à produire des résultats immédiats, par la présentation d’une série de mesures de justice agricole, pour apaiser les tensions », a ainsi déclaré Annie Genevard, en préambule de sa prise de parole. Le Premier ministre, qui avait rencontré l’ensemble des organisations syndicales la semaine passée, s’était engagé à ce que des mesures d’urgence soient présentées ce jour. « Les agriculteurs attendent des actes, les annonces doivent envoyer un signal fort », espérait Hervé Lapie, le secrétaire général de la FNSEA, le 8 janvier face à la presse.

40 M€ pour les grandes cultures

Sur les grandes cultures, la ministre de l’Agriculture a annoncé des aides d’urgence à hauteur de 40 M€, « sous réserve de l’approbation du budget 2026 », pour les exploitations les plus fragilisées. La France a par ailleurs demandé l’activation de la réserve de crise européennes. Des fonds supplémentaires (mais non chiffrés) pour le Plan protéines sont également prévus. Sur les produits phytosanitaires, le Gouvernement indique qu’il souhaite que leur homologation devienne « pleinement une compétence européenne afin de mettre fin aux distorsions de concurrence interne ».

Les autres mesures concernaient les enjeux de la DNC, de la viticulture, du loup ou encore de l’eau. L’ensemble des actions présentées repose sur la mobilisation d’une enveloppe globale de 300 M€. « Nous voulions rapidement présenter ces mesures car il y a un réel enjeu de reconstruire un lien de confiance avec le secteur agricole, qui doute de notre capacité de mise en œuvre », admet Annie Genevard.

Une loi d’exception demandée par la FNSEA

« Les réponses apportées ce soir vont dans le bon sens mais nécessitent encore des réponses complémentaires au regard la gravité de la situation », réagit la FNSEA par communiqué. Le syndicat continue de plaider en faveur d’une loi d’exception, à laquelle le Premier ministre n’aurait pas totalement fermé la porte, selon Arnaud Rousseau. Si les questions du contenu et du calendrier restent encore totalement ouvertes, le président de la FNSEA a d’ores et déjà échangé avec le ministre en charge des relations avec le Parlement, mais aussi avec les présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat à ce sujet.