Au-delà du rendement, un des premiers filtres à appliquer pour choisir une variété de maïs est la vigueur au départ. Dans les zones exposées aux attaques précoces de bioagresseurs, notamment de taupins ou de corvidés, une émergence rapide de la plante permet de franchir plus vite les stades sensibles. Anne-Sophie Colart, ingénieure chez Arvalis, rappelle que les dégâts d’oiseaux peuvent s’exprimer jusqu’au stade six feuilles.
En complément, la tenue de tige représente un critère à intégrer dans des régions régulièrement soumises à des épisodes venteux en fin de cycle. « D’ailleurs, lorsqu’une variété se situe au-dessus de la moyenne d’essai, on commence à indiquer une vigilance à la verse dans nos recommandations », précise -t-elle.
Enfin, concernant le critère « rendement », l’analyse porte sur les « rendements nets » présentés dans les tableaux de synthèse d’Arvalis. Ils sont établis à partir des rendements « bruts » ramenés à 15 % d’humidité pour toutes les variétés et quelle que soit l’humidité à la récolte. Les calculs intègrent également les frais de séchage élaborés d’après une grille nationale. « Pour donner un ordre de grandeur, en 2025 pour les variétés G1, en moyenne, ces frais de séchage correspondent à 18 q/ha entre le rendement brut pour une humidité de récolte à 25 % en moyenne et le rendement net, précise Anne-Sophie Colart. Cette approche est indispensable pour comparer objectivement des variétés de précocités différentes ».
En G0, des nouveautés déjà performantes
Sur le créneau G0 (très précoce), plusieurs variétés confirmées continuent de s’imposer. Wesley, un maïs d’Advanta, affiche un rendement net de 102,8 %. Cette variété se distingue par une vigueur au départ très élevée, notée à 8,2 sur 10, l’une des meilleures de la série. En revanche, l’indice de verse de 11,5 % se situe au-dessus de la moyenne des essais, laquelle correspond à 9,8 %. « Sa tenue de tige est donc moyenne », précise Anne-Sophie Colart.
KWS Arturello, confirme également son potentiel avec 102,4 % de rendement. Sa vigueur de départ, notée à 7,2, est jugée très satisfaisante. Positionnée en fin de groupe G0, la variété se rapproche des profils les plus tardifs du créneau, tout comme Wesley précédemment citée.
Cabalio, également signée KWS, se démarque par le meilleur rendement net cité dans ce groupe, à 105,5 %. Avec deux années de recul dans le réseau post-inscription, cette variété est désormais considérée comme confirmée. Sa vigueur de départ est jugée bonne (notée 8), mais une attention particulière concerne sa tenue de tige.
Parmi les variétés nouvellement inscrites en 2025, toutes se situent au-dessus de la moyenne en rendement, mais avec une seule année de données. Elles seront donc à confirmer. Ainsi, Cigaluxx de RAGT atteint 103,3 % de rendement net. Elle combine une très bonne vigueur au départ et une sensibilité à la verse inférieure à la moyenne, ce qui en fait un profil intéressant.
Dorothey affiche un rendement net de 102,5 %, tandis qu’Islando atteint 102,7 %. Cette dernière, déjà connue en maïs fourrage, est présentée comme une variété mixte, susceptible d’intéresser des systèmes d’élevage conservant une flexibilité de débouché grain et fourrage.
Lid1033C, de Lidea, se positionne à 102,8 % de rendement net, devant KWS Dukro à 101,8 % et LG 31215, qui est à 101,6 %.
En G1, trois nouvelles inscriptions très prometteuses
Sur le créneau G1 (précoce), toujours du côté des variétés inscrites en 2025, trois profils se détachent nettement. DKC 3856 atteint 104,8 % de rendement net, sur un réseau de seize essais, avec une bonne vigueur au départ. DKC 3940 suit de très près à 104,4 %, avec le même point fort sur l’implantation. InExtenso, de RAGT, affiche 104,3 % de rendement net et se distingue par une bonne tenue de tige, y compris dans la zone nord-est où elle se situe légèrement au-dessus de la moyenne.
Parmi les valeurs sûres, LG 31272, inscrite en France depuis 2020, reste largement diffusée. Sa vigueur au départ est un atout mais sa tenue de tige constitue toutefois un point de vigilance, accentué par son profil mixte (débouché maïs fourrage et maïs grain possible), la récolte grain intervenant plus tardivement. En 2025, elle atteint 99 % de rendement net, après un niveau nettement supérieur aux témoins en rendement brut en 2024.
P8834, de Pioneer, se distingue par sa capacité à maintenir des performances en conditions limitantes et par une bonne tenue de tige. Sa vigueur au départ est en revanche plus lente.
Nataelo, de Semences de France, présente un comportement régulier sur trois années d’essais. La variété exprime mieux son potentiel en sols profonds souvent synonyme de potentiels plus élevés. Un point de vigilance est néanmoins signalé sur la tenue de tige.
Dans les régions nord, la pyrale demeure un ravageur à intégrer dans la réflexion agronomique, même si sa pression reste hétérogène selon les secteurs et les campagnes. Anne-Sophie Colart, ingénieure chez Arvalis, rappelle que ses dégâts s’expriment principalement en fin de cycle. « La larve de pyrale affaiblit la plante en creusant des galeries et peut ensuite favoriser la casse ou la verse », souligne-t-elle.
Les variétés présentant une bonne tenue de tige amortissent mieux l’impact de ces insectes foreurs, alors que des profils déjà sensibles peuvent voir leur comportement fortement dégradé. Dans les zones à historique pyrale, une stratégie de protection insecticide peut s’avérer nécessaire. Le positionnement d’un insecticide composé de chlorantraniliprole, de la famille des diamides, au stade « pic de vol », permet alors de limiter les infestations et de sécuriser la tenue de tige jusqu’à la récolte. Le recours aux parasitoïdes trichogrammes, dans le cadre de la lutte en biocontrôle, est également possible. Toutefois, leur lâcher s’effectue plutôt en début de vol pour maximiser l’efficacité.
Les comptages de pyrales réalisés en 2025 dans le cadre des Bulletins de santé du végétal ont montré 10 à 15 % de pieds touchés. Ces comptages correspondent aux galeries observées par dissection des pieds. « Ce niveau de dégâts reste dans la limite pour rentabiliser un traitement mais certains secteurs peuvent présenter des niveaux de dégâts plus importants », estime l’experte.


