mardi 26 mai 2020
Pommes de terre : la filière demande une aide d’urgence de 35 millions d’euros ©Alex Stoen

Pommes de terre : la filière demande une aide d’urgence de 35 millions d’euros

De graves conséquences environnementales et sanitaires pourraient intervenir si aucune mesure d’aides n’est prise face aux surplus de pommes de terre, alertent les professionnels. La perte sèche liée à l’absence de vente est estimée à 200 millions d’euros pour la filière.

C’est la plus grave crise de l’histoire de la filière de transformation des pommes de terre, estime le Groupement interprofessionnel pour la valorisation de la pomme de terre (GIPT), dans un communiqué du 7 mai. Il sollicite une aide d’urgence de la part du gouvernement français et de l’Union Européenne « afin de prévenir de graves conséquences sanitaires et environnementales dues aux surplus de stocks de pommes de terre ».

La crise de la filière de valorisation des pommes de terre a débuté dès le 14 mars 2020 sur le territoire français après la décision de fermeture de la restauration hors domicile pour lutter contre la propagation du Coronavirus. Selon le GIPT, les commandes pour l’achat des pommes de terre transformées ont chuté de plus de 90 % pour les secteurs de la restauration rapide et hors domicile dès le 16 mars. Conséquence : le surplus de pommes de terre issu de la récolte 2019 est estimé à 450 000 tonnes en France, dont 200 000 tonnes de surplus net qui ne trouveront pas de destination commerciale valorisante en France et 250 000 tonnes destinées à l’export.

Une aide d’urgence au retrait du surplus

Certaines alternatives de valorisation des stocks ont été identifiées (alimentation du bétail, méthanisation, dons, filière amidon, etc.), et présentées aux pouvoirs publics français et européens, explique le GIPT dans son communiqué. Mais l’interprofession estime que celles-ci ne pourront être mises en œuvre sans un soutien financier public, évalué aujourd’hui à 35 millions d’euros maximums, pour le retrait de ces volumes. La perte sèche de valeur liée à l’absence de vente et supportée par la filière est aujourd’hui évaluée à 200 millions d’euros.

« La récolte 2019 actuellement stockée ne pourra rester chez les 3 000 agriculteurs encore longtemps en raison des risques encourus sur la qualité des conditions de stockage et des coûts additionnels », souligne le communiqué. Si aucune solution viable n’est trouvée à très court terme, le danger est de voir se multiplier les dépôts "sauvages" de pommes de terre, une pratique contraire aux règles sanitaires et au respect des normes environnementales (développement de maladies fongiques et parasitaires), prévient le GIPT.

A.C.

Twitter
Partager

Le Betteravier français, le journal de référence des planteurs depuis 1952, qui décrypte l'actualité de la filière betterave-sucre et des grandes cultures avec ses 18 numéros et ses 2 cahiers spéciaux par an.