dimanche 24 février 2019

La France est le principal exportateur de sucre de l'UE vers le Royaume-Uni. La France est le principal exportateur de sucre de l'UE vers le Royaume-Uni. ©A.C.

Sucre : le SNFS veut conforter les exportations

Pour le Syndicat des fabricants de sucre (SNFS*), la sortie des quotas et le Brexit sont deux enjeux majeurs pour le secteur du sucre français, avec en ligne de mire les exportations. Sur le marché français, la création de marge et sa répartition doit rester au sein de la filière.

« Avec le Brexit, le Royaume-Uni a vocation à devenir un "marché tiers" très important pour notre filière », a déclaré le président du dans ces pays. « A l’évidence, il y a un contournement de l’objectif assigné à ces aides, autorisées dans le but d’aider au maintien de la production dans les zones difficiles », a dénoncé Bruno Hot. Le président du SNFS a ciblé plus particulièrement la Pologne qui a augmenté sa production de sucre de 1,4 Mt à 2,3 Mt avec 14 % de surface en plus. « Elle va devoir exporter un assez gros volume de sucre, y compris sur pays tiers. C’est bien là qu’il y a SNFS, Bruno Hot, lors de l’assemblée générale du 21 mars à Paris. L’accord qui définira le cadre futur de la relation entre l’UE à 27 et le Royaume-Uni devra non seulement préserver les flux de sucre français vers le Royaume-Uni mais également veiller à ce que ce dernier ne joue pas un rôle de plaque tournante pour exporter du sucre raffiné provenant de pays tiers vers l’Europe. L’enjeu est de taille pour la France, qui est le principal exportateur de sucre de l’UE vers le Royaume-Uni, avec un volume exporté d’environ 300 000 t.
Mais aujourd’hui, c’est la fin des quotas qui constitue le grand bouleversement pour la filière. Et aussi des opportunités. « C’est le marché qui dicte sa loi », a commenté Bruno Hot, estimant que les industriels membres du SNFS « ont bien anticipé ce cap majeur ».
La France a en effet augmenté ses surfaces de 20 %. Rien de plus normal selon le président de SNFS, puisque notre pays – qui a de bons rendements - avait des durées de campagne parmi les plus faibles d’Europe. Mais ce qui est plus surprenant, c’est que des pays européens moins compétitifs ont aussi augmenté leurs surfaces. L’explication vient des aides recouplées mises en place dans ces pays. « A l’évidence, il y a un contournement de l’objectif assigné à ces aides, autorisées dans le but d’aider au maintien de la production dans les zones difficiles », a dénoncé Bruno Hot.

Le président du SNFS a ciblé plus particulièrement la Pologne qui a augmenté sa production de sucre de 1,4 Mt à 2,3 Mt avec 14 % de surface en plus. « Elle va devoir exporter un assez gros volume de sucre, y compris sur pays tiers. C’est bien là qu’il y a potentiellement un risque majeur. Avec ce soutien, nos compétiteurs mondiaux pourraient faire renaître d’anciennes revendications afin de remettre en cause notre liberté d’exporter », s’est-il alarmé. La question de la flexibilité accrue donnée aux États‐membres devra être absolument traitée dans la prochaine réforme de la PAC, au risque de créer des distorsions de concurrence.

L’inversion de la contractualisation

La relation avec les planteurs de betteraves est un autre grand sujet pour les fabricants. Leur président s’est félicité de la signature d’accords interprofessionnels pour 3 ans, mais il a rappelé que la négociation des prix, ou de formules de prix, est du ressort des contrats passés avec les planteurs par les fabricants de sucre. Bruno Hot a tenu à rappeler ce cadre interprofessionnel, car l’adoption du règlement européen Omnibus et surtout la conclusion des États généraux de l’alimentation a soulevé quelques espoirs du côté des agriculteurs, avec le nouveau schéma d’inversion de la contractualisation et la prise en compte des coûts de production.
Bruno Hot a été très clair à ce sujet : ce principe d’inversion de la contractualisation ne peut pas s’appliquer au secteur du sucre, car la DGCCRF et le service juridique du ministère de l’Agriculture ont confirmé la prééminence du règlement communautaire sur le corpus législatif français.
À cet argument juridique, le président du SNFS ajoute que « des indicateurs de coûts de production, répercutés, en cascade, tout au long de la filière, ne feraient que transférer tous ces gains vers notre aval. La création de marge et sa répartition doivent rester l’apanage de notre filière. Les Commissions de la répartition de la valeur (CRV) que nous avons collectivement créées sont le lieu de ces débats. »
Le président du SNFS a déclaré ne pas être fermé à un renforcement du rôle de l’inter- profession, y compris sur la constitution d’une liste d’indicateurs, suivis par elle, pour alimenter les débats dans les CRV. Et d’ajouter : « Nous ne sommes pas non plus fermés à renforcer le rôle économique de l’AIBS**, bien entendu dans le cadre autorisé par les règles de la concurrence. Nous souhaitons mettre en place une consultation de l’en- semble des parties prenantes pour échanger sur les attentes des uns et des autres ». Enfin, il s’est dit prêt à permettre à FranceAgriMer de présenter ses analyses de marchés au sein d’une Commission économique ouverte à toute la filière, qu’il faudrait créer au sein de l’interprofession.
Les autres sujets de préoccupation rejoignent ceux des planteurs, à savoir le risque de suppression de l’utilisation des néonicotinoïdes, qui est également très important pour les usines et les emplois qui y sont liés. De même, la production de biocarburant est un facteur de compétitivité pour les sucreries. « On a vraiment l’impression que le gouvernement actuel préfère encourager l’huile de palme plutôt qu’une production nationale ancrée dans les territoires et créatrice d’emplois », a regretté le président des fabricants de sucre.

François-Xavier Duquenne

*Le SNFS représente les sociétés Cristal Union, Lesaffre S.A.S., Ouvré Fils S.A. et Saint Louis Sucre.
**Association interprofessionnelle de la betterave et du sucre.

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Le Betteravier français, le journal de référence des planteurs depuis 1952, qui décrypte l'actualité de la filière betterave-sucre et des grandes cultures avec ses 18 numéros et ses 2 cahiers spéciaux par an.