jeudi 18 juillet 2019
«Nous avons franchi l’étape de la structuration de nos métiers », assure Thierry Blandinières, directeur général d’InVivo. «Nous avons franchi l’étape de la structuration de nos métiers », assure Thierry Blandinières, directeur général d’InVivo. ©InVivo

Une année "pivot" pour InVivo

Transformant son modèle économique, le premier groupe coopératif agricole français crée Bioline, une filiale rassemblant ses métiers de l’agriculture innovante et InGrains, une plate-forme numérique d’exportation du grain.

« Nous sommes sur un exercice pivot », a expliqué le 19 décembre Thierry Blandinières, le directeur général du groupe InVivo, pour qualifier les résultats de l’exercice 2016-2017 clos au 30 juin 2017. En résumé : une activité en forte contraction sur les métiers historiques mais une amélioration sensible de la rentabilité. Le chiffre d’affaires a ainsi reculé à 5,5 milliards d’euros, contre 6,4 milliards sur 2015-2016, en raison de « la mauvaise récolte céréalière et de plusieurs opérations de croissance externe non intégrées encore », selon le groupe. Parallèlement, l’Ebitda (bénéfices avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement) a progressé de 15 % à 133,4 millions d’euros, contre 116,2 millions d’euros. Le résultat net s’élève, lui, à 34 millions d’euros, contre 55 millions d’euros l’an passé.

Structurer les nouveaux métiers

« Nous sommes en phase avec les objectifs fixés dans le cadre du plan InVivo 2025. Nous avons franchi l’étape de la structuration de nos métiers », s’est félicité Thierry Blandinières. Le groupe mène depuis 2014 une transformation en profondeur de son modèle économique, avec la création de nouvelles filiales, dans de nouveaux métiers comme le vin et la distribution alimentaire. La dernière en date, “Bioline by InVivo”, regroupe les métiers de son pôle agriculture : les semences, les produits phytosanitaires, les bio-solutions, l’agriculture digitale et l’expertise-conseil. Au total, 20 sociétés issues de 20 pays différents sont consolidées dans cette nouvelle activité. « Nous souhaitons apporter plus de cohérence et de clarté dans notre offre », a expliqué Laurent Martel, le directeur de Bioline by InVivo. L’objectif est d’atteindre 500 millions d’euros de chiffre d’affaires sur cette activité d’ici à 2020, contre 220 M€ aujourd’hui.

Une plate-forme numérique sur l’export du grain

Sur l’activité historique des métiers du grain, InVivo reconnaît qu’il existe de fortes tensions. « La bataille est rude pour vendre du blé français cette année à un prix compétitif. Les pays de la mer Noire ont pris la main sur une partie du marché en 2016. Cela nous fait changer de modèle », a insisté Thierry Blandinières. Une plate-forme numérique dédiée à l’exportation de grains, baptisée “InGrains”, a été lancée depuis la rentrée. Elle propose notamment de mutualiser la marchandise des coopératives via les silos portuaires. Ce nouveau système succède aux contrats historiques d’engagement à prix garanti avec les coopératives. « Avec InGrains, on passe de flux poussés à des flux tirés », estime Stéphane Bernhard, le directeur d’InVivo Trading. Pour InVivo, l’intérêt est de « ne plus porter le risque financier » lié au trading. De quoi, espère le groupe, réduire ses coûts et atteindre plus facilement ses objectifs fixés pour l’horizon 2025 : 12 milliards d’euros de chiffre d’affaires et un résultat net de 100 millions d’euros. La route semble encore longue…

Adrien Cahuzac

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