jeudi 19 septembre 2019
Le président de la CGB du Calvados, de l’Orne et de la Sarthe, Patrick Dechaufour (à gauche) et le président de la CGB, Franck Sander : « nous nous battrons jusqu’au bout pour maintenir le bassin de production ». Le président de la CGB du Calvados, de l’Orne et de la Sarthe, Patrick Dechaufour (à gauche) et le président de la CGB, Franck Sander : « nous nous battrons jusqu’au bout pour maintenir le bassin de production ». ©Guillaume Vanthuyne

Saint Louis Sucre : la résistance s'organise à Cagny

500 personnes étaient réunies à Cagny le 22 février pour protester contre la fermeture de la sucrerie. Le début d’un long combat, pour Patrick Dechaufour, le président du syndicat local de la CGB.

« Non à la fermeture de la sucrerie de Cagny ! ». C’est autour de ce slogan que près de 500 personnes se sont retrouvées devant les grilles de la sucrerie du groupe Saint Louis Sucre, le vendredi 22 février.

Les betteraviers étaient mobilisés pour la sauvegarde de la sucrerie et le maintien de la production de betteraves dans le Calvados, l’Orne et l’Eure. Les planteurs ont été rejoints par d’autres acteurs économiques potentiellement touchés par la fermeture du site : des entreprises de travaux agricoles, qui sont venues avec des arracheuses, des fournisseurs, des transporteurs et aussi des salariés de la sucrerie.

Beaucoup d’élus locaux, départementaux et régionaux étaient également venus soutenir les betteraviers, qui estiment que « l’arrêt de la sucrerie condamnerait les bassins de production de betteraves situés dans le Calvados et dans l’Orne ».

« Nous irons jusqu’au bout »

Le 22 février, les planteurs ont voulu montrer aux dirigeants de Südzucker qu’ils « iront jusqu’au bout » pour contrer la fermeture d’usine de Cagny et proposer un véritable projet pour maintenir un bassin de production betteravier en Normandie.

Une première rencontre entre les représentants de la CGB et la direction de Saint Louis Sucre s’est tenue ce 19 février à Paris. Mais cette réunion a tourné court ; les dirigeants de Saint Louis Sucre n’ont affiché aucune volonté de trouver de solutions pour la sucrerie, selon la CGB.

Les représentants des betteraviers refusent d’en rester là. Le président de la CGB, Franck Sander, a donc demandé à rencontrer de toute urgence les dirigeants de la maison mère Südzucker en Allemagne pour trouver des alternatives aux fermetures des deux usines de Cagny et d’Eppeville (Somme).

Les producteurs français ne comprennent pas que le programme de restructuration annoncé par Südzucker touche de plein fouet la France, avec un abandon de 500 000 tonnes de sucre sur les 700 000 tonnes pour l’ensemble du groupe allemand.

« On ne peut pas accepter que la France, et en particulier l’usine de Cagny, porte une si lourde contribution dans la restructuration de ce groupe multinational », fustige Patrick Dechaufour, le président de la CGB du Calvados, de l’Orne et de la Sarthe.

Le préfet du Calvados va réunir tous les acteurs économiques, politiques et syndicaux pour évoquer l’avenir du site de Cagny. Car il se dit que le maintien d’un simple site de stockage de sucre est une manière de garder un minimum d’activité, ce qui fermerait la porte à tout projet de reprise de la sucrerie. « Il faut obliger les responsables allemands à proposer d’autres solutions. Cela va être très dur, mais nous allons leur mettre la pression. S’il le faut, nous irons manifester devant la maison mère à Mannheim », déclare Patrick Dechaufour.

Colère des planteurs

Patrick Dechaufour est en colère quand il évoque les efforts réalisés par les planteurs : « En 2016, pour anticiper la fin des quotas, Saint Louis Sucre demandait aux planteurs d’augmenter les surfaces de betteraves afin d’amortir ses coûts fixes. Le slogan était même “la betterave, on y croit“. Les planteurs de Cagny ont répondu favorablement pour développer le bassin de production et une centaine de nouveaux planteurs nous ont rejoints. Les planteurs, les CUMA et les ETA ont investi dans du matériel et la SICA pulpes (SCPBN) a augmenté ses capacités de stockage. Et, du jour au lendemain, on dit stop ».

Le président du syndicat betteravier promet que cette mobilisation est le début d’un long combat : « Dans deux ans, je veux que l’on puisse encore voir de la fumée sortir de l’usine de Cagny. Nous ferons tout ce qui est possible et imaginable pour que l’usine ne ferme pas. Nous sommes déterminés, nous ne lâcherons rien ».

F.-X. D.

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Le Betteravier français, le journal de référence des planteurs depuis 1952, qui décrypte l'actualité de la filière betterave-sucre et des grandes cultures avec ses 18 numéros et ses 2 cahiers spéciaux par an.