samedi 7 décembre 2019
Le siège de Cristal Union à Bezannes (Marne). Le siège de Cristal Union à Bezannes (Marne). ©Gnat

Une perte financière historique pour Cristal Union

Le deuxième groupe sucrier français affiche pour la première fois de son histoire une perte nette, qui s'élève à 99 millions d’euros, due principalement à l’effondrement des cours du sucre.

99 millions d’euros. C’est le montant de la perte financière enregistrée par le groupe coopératif Cristal Union sur l’exercice 2018/19, clos le 31 janvier 2019, contre un bénéfice de 49 millions sur 2017/18. « Il s’agit de la première perte du groupe », depuis sa création en 2000, a souligné Olivier de Bohan, le président du groupe. Selon lui, cette perte s’explique par la baisse du cours du sucre ainsi que les mauvais rendements betteraviers en France. Mais aussi par la volonté du groupe « d’assurer la meilleure rémunération possible aux planteurs » (22,85 euros la tonne de betteraves), alors que le marché rémunère autour de 17 euros la tonne actuellement. « La coopérative a absorbé les deux tiers de la dégradation du marché et les planteurs un tiers », a insisté Olivier de Bohan.

De son côté, le chiffre d’affaires s’élève à 1,7 milliard d’euros, en baisse de 16 % par rapport à 2017. L’excèdent brut d’exploitation s’établit à 10 millions d’euros grâce à la contribution des filiales. « Malgré un exercice déficitaire, le groupe affiche une structure financière équilibrée, avec un ratio dette nette sur fonds propres de 40 % qui lui permet de faire preuve de résilience dans le contexte actuel de marché dégradé », a souligné Jean-Michel Sougnez, le directeur financier et du contrôle de gestion.

Le groupe a ainsi produit 14,7 millions de tonnes de betterave, en baisse de 17% par rapport à la campagne précédente pour un rendement moyen de 12,3 tonnes de sucre à l’hectare, en baisse de 18 %.

Un plan de restructuration

Face à cette situation, Cristal Union a mis en place un plan de réorganisation avec un volet économique, financier et industriel, « afin de pérenniser son activité et de garantir le meilleur niveau possible de rémunération aux planteurs ». Les mesures d’économies décidées l’année dernière ont représenté un gain de 50 millions d’euros en année pleine. « Pour autant, elles se révèlent insuffisantes dans le contexte de crise actuel », a expliqué Alain Commissaire, le directeur général.

Le 18 avril dernier, Cristal Union a ainsi annoncé la mise à l’étude d’un projet de fermeture de deux sites sucriers – Bourdon en Auvergne et Toury en région Centre Val-de-Loire – et l’adaptation de l’atelier de conditionnement situé sur le site d’Erstein en Alsace. Le projet vise à renforcer la compétitivité des autres sites de production et de leurs bassins betteraviers, via l’extension de la durée des campagnes et de leurs capacités productives. « L’objectif est d’avoir des durées de campagnes de 130 jours en moyenne pour l’ensemble de nos usines, quand les sites au sud de Paris se situent autour de 85 à 90 jours », a détaillé Olivier de Bohan. « Cette restructuration est limitée mais permettra de faire face à des conditions de marchés similaires à celles de cette année », assure le groupe.

A.C.

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