mercredi 19 février 2020
Ronds de jaunisse dans une parcelle de Seine- Maritime à l’été 2019. Ronds de jaunisse dans une parcelle de Seine- Maritime à l’été 2019. ©ITB

Quel impact de la jaunisse en France en 2019 ?

Pour la première année sans traitement de semences à base de néonicotinoïdes, l’ITB fait le point dans ce cahier technique sur l’impact de la jaunisse sur le territoire.

État des lieux de la présence de jaunisse à l’automne 2019

Cet automne, les équipes régionales de l’ITB ont effectué des notations jaunisse sur plusieurs centaines de parcelles. La fréquence de parcelles présentant au moins un rond de jaunisse ainsi que la surface moyenne atteinte (gravité) ont été relevées. À l’échelle nationale, la fréquence moyenne est de 37%, avec de fortes disparités régionales : plus de 70 % pour la Normandie, la Somme et le Nord-Pas-de-Calais ; environ 50 % en Île-de-France ; autour de 30 % pour l’Oise et le Centre-Val-de-Loire et moins de 10 % pour l’Aisne et la Champagne (Figure 1). En ce qui concerne la gravité, celle-ci reste très faible avec en moyenne 1,5 % de la surface touchée à l’échelle nationale. Seules les régions de Normandie, la Somme et le Nord-Pas-de-Calais présentent des gravités supérieures à 2,5 % avec un maximum de 4 % en Normandie. En conclusion, le développement de la maladie aura été relativement faible cette année, mais il aura fallu compenser l’arrêt des néonicotinoïdes par une surveillance accrue et jusqu’à trois traitements insecticides selon les niveaux de pression pucerons au printemps.

ExTraPol* cartographie les virus sur le territoire

Dans le cadre du projet Casdar AMS ExTraPol en collaboration avec le GEVES et l’INRA de Colmar, la prévalence des différents virus de la jaunisse sur le territoire français a été mesurée. En octobre dernier, 96 prélèvements de betteraves individuelles ont été effectués par les délégations régionales de l’ITB dans quatorze départements couvrant l’ensemble des grandes régions betteravières. Les feuilles collectées ont ensuite été soumises à une analyse sérologique au GEVES, suivie pour les échantillons positifs d’une analyse moléculaire à l’INRA. Les polérovirus responsables de la jaunisse modérée (BMYV et BChV) sont détectés dans 94 % des échantillons analysés, dont 73 % pour le seul BChV, et sont donc ultramajoritaires. Le BYV, responsable de la jaunisse grave, n’est détecté que dans 7 % des échantillons. Les co-infections ne représentent que 4 % des analyses (Figure 2).

Programme insecticide contre les pucerons

Plusieurs essais ont été mis en place afin d’évaluer l’incidence de la jaunisse en fonction de la stratégie insecticide, qui s’appuyait sur les deux seuls produits efficaces et homologués en 2019 : le Teppeki à base de flonicamide et le Movento (dérogation 120 jours en 2019) à base de spirotetramate.

La figure 3 présente les résultats d’un essai mené dans le Nord-Pas-de-Calais. En termes de gravité jaunisse, par rapport au témoin non traité à 12 % de jaunisse, les programmes avec un traitement aphicide permettent de réduire l’impact de la jaunisse, notamment avec un T1 Teppeki au seuil, touché à seulement 3,5 %. Les programmes avec deux traitements aphicides permettent un excellent contrôle de la jaunisse avec une gravité autour de 1 %. De plus, on observe une différence de gravité jaunisse de près de 4 % entre un traitement bien positionné et un traitement trop tardif.

 

 


Projet Écophyto financé dans le cadre de l’AAP « CASDAR semences et sélection végétale Appui méthodologique aux section (AMS) ». Plus d’infos sur le site de l’ITB www.itbfr.org

 

Institut technique de la betterave (ITB)

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Le Betteravier français, le journal de référence des planteurs depuis 1952, qui décrypte l'actualité de la filière betterave-sucre et des grandes cultures avec ses 18 numéros et ses 2 cahiers spéciaux par an.