dimanche 18 août 2019
Cours du sucre mondial et européen (en €/t) Cours du sucre mondial et européen (en €/t)

Sucre : Dans l’attente du déficit mondial

Le déficit mondial est annoncé par plusieurs analystes, mais les chiffres divergent. Du coup, le marché se cherche.

Quel sera le niveau du déficit mondial pour la prochaine campagne ? C’est une question à laquelle il est difficile de répondre, et les avis des analystes sont partagés. Certains, comme FoLicht, l’anticipent à un niveau modéré, (- 1,8 Mt), quand d’autres, comme la Rabobank ou Louis Dreyfus, estiment qu’il pourrait dépasser les 4 Mt. Sucden et l’ISO, voient la situation entre les deux, entre 2 et 2,5 Mt.

Pourquoi une telle différence ? Car deux grandes inconnues demeurent. La première, c’est, une fois de plus, l’allocation de la canne à sucre brésilienne vers le sucre. Avec près des deux tiers de la canne à sucre orientés vers l’éthanol depuis le début de sa campagne en avril dernier, le Brésil dépasse tous ses records. Et avec un pétrole qui se rapproche à nouveau des 65 $/baril, et un regain de tension au Moyen-Orient, cela pourrait se poursuivre.

La seconde inconnue nous vient d’Inde où la campagne se termine. Elle est attendue à un niveau relativement stable (35,8 Mt contre 35,3 Mt l’an dernier), bien que la mousson soit très en retard : cela n’affectera que la campagne suivante. Sachant que les intentions de surfaces indiennes pourraient être en fort repli (jusqu’à – 40 % selon certaines sources, dans le Maharashtra, principal bassin producteur du pays), la baisse de production sur 2019-2020 pourrait dépasser les 5 Mt !

Du coup, le marché se cherche. Il reste autour des 12,5 cts/lb sur le terme le plus proche (octobre 2019). C’est finalement son niveau depuis le début de la campagne. Mais dès le terme suivant (mars 2020), il affiche 1 cts/lb de plus. Quant aux spéculateurs, ils sont désormais nets vendeurs de 5 Mt. C’est beaucoup, mais deux fois moins qu’il y a deux mois.

Cet attentisme se ressent aussi en Europe, avec un marché contracté morose, mais un marché spot, certes sans volume, au-delà de 450 €/t ! Une situation qui va probablement animer les négociations pour l’an prochain…
D’autant plus que l’éthanol se maintient au-dessus de 63 €/hl : de quoi attirer une bonne partie des betteraves vers ces débouchés ?


THIMOTHÉ MASSON, CGB

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Le Betteravier français, le journal de référence des planteurs depuis 1952, qui décrypte l'actualité de la filière betterave-sucre et des grandes cultures avec ses 18 numéros et ses 2 cahiers spéciaux par an.