« Avant l’été, la situation était déjà catastrophique. Elle est devenue très catastrophique ensuite », a lancé Jean-Pierre Dubray, le président de la CGB Ile-de-France, lors l’assemblée générale de son syndicat, le 12 novembre, qui se tenait exceptionnellement en visioconférence. Il craint que les prévisions de 35 tonnes/ha ne puissent même pas être atteintes. Comme l’Yonne, mais aussi le Val-de-Loire, la région a été durement frappée par le cumul de la jaunisse et de la sécheresse cet été. Aucune progression ou rattrapage partiel n’a pu avoir lieu sur le mois de septembre. « C’est du jamais vu ! L’année va peser fortement sur les comptes des agriculteurs et des sucriers. Il y a des sucreries qui vont avoir des campagnes de 44 jours ! », a-t-il poursuivi.

« Le Conseil constitutionnel a le droit de vie ou de mort sur la filière »

Malgré des indemnisations promises par le gouvernement, dont les modalités d’attribution restent encore à définir, le moral des betteraviers franciliens est au plus bas. Les semis de 2021 pourraient fortement s’en ressentir. Le recours déposé récemment contre le projet de loi sur le retour des néonicotinoïdes devant le Conseil constitutionnel risque de ne pas arranger les choses. « Le Conseil constitutionnel a le droit de vie ou de mort sur la filière betteravière », tranche Jean-Pierre Dubray. Selon lui, si la dérogation est remise en cause, les semis devraient baisser de 70 à 80 % « d’autant plus que l’on a des prix de cultures alternatives qui remontent, notamment dans le blé ». « Les planteurs ne peuvent plus se permettre des pertes de 1 000 à 1 500 euros de l’hectare. Mais les services du ministère sont relativement confiants sur la réponse du Conseil constitutionnel, ça nous donne de l’espoir », ajoute-t-il, estimant qu’en « attendant la promulgation de la loi et des décrets d’application, les semenciers doivent prendre le risque de produire des semences enrobées ».

Fusion avec la CGB

L’assemblée générale de la CGB Ile-de-France a été également l’occasion d’adopter le projet de réorganisation du syndicat qui fusionnera au 1er janvier 2021 avec la CGB. « Sur la forme, il va y avoir des changements. Sur le fond, ça ne va rien changer. Les cotisations ont été divisées par deux en quelques années. Nous avons des charges qui ne sont plus finançables aujourd’hui. Nous avons pris la décision de diminuer le nombre de sociétés et rapatrier certaines fonctions sur Paris. Les syndicats deviendront des délégations », a détaillé Jean-Pierre Dubray, précisant que « chaque délégation conservera ses fonds propres et aura des élus et un président ».