Alexandre Quillet le reconnaît sans ambages. « C’est la plus mauvaise année betteravière depuis 20 ans dans l’Eure », tranche le président de la CGB Eure, qui tenait l’assemblée générale de son syndicat le 13 novembre. Pour lui, la jaunisse virale été totalement imprévisible. « Aucun modèle prédictif ne s’est avéré efficace face à de telles circonstances », insiste-t-il, en rappelant qu’il y a quatre viroses qui ont frappé les betteraves cet été, dont les dégâts ont été amplifiés par la sécheresse. Fait singulier également constaté cette année, « une absence de progression du rendement depuis le début des arrachages due au blocage du métabolisme de la plante par les viroses présentes », souligne-t-il. Le rendement betteravier du département devrait s’établir à 68 t/ha à 16°S.

Attente des indemnisations

Pour le président de la CGB de l’Eure, le bilan complet de l’année 2020 ne pourra se faire qu’avec les indemnisations dont les modalités sont toujours en cours de discussions. « Nous avons eu raison d’attendre et de ne pas signer un plan trop tôt car plus les semaines passent, plus les pertes de rendements sont importantes », estime-t-il, en souhaitant que les modalités soient connues avant la fin de l’année.

Alexandre Quillet garde espoir quant aux prochains semis de 2021. « Si nous obtenons à temps la dérogation qui va supprimer une épée de Damoclès, j’ai le sentiment que la surface de betteraves pour approvisionner l’usine d’Etrepagny ne baissera pas, compte-tenu d’un léger mieux sur les prix du sucre », prévoit-il.

L’assemblée générale de la CGB Eure a été également l’occasion d’adopter le projet de réorganisation du syndicat qui fusionnera au 1er janvier 2021 avec la CGB nationale. « C’est un changement essentiellement juridique. Aucun changement n’aura lieu dans la relation avec les planteurs. Il y aura toujours des délégués élus de terrain », insiste-t-il.