Naviguer sur le territoire européen et découvrir les cultures d’une parcelle en accès libre est désormais possible. La start-up Kermap est à l’origine de cette première avec sa plateforme Nimbo, consultable sur agri.nimbo.earth. Des statistiques nationales peuvent être générées, ainsi qu’à l’échelle de départements, régions ou provinces. En un clic, la superficie de surface agricole utile (SAU) et le Top 5 des cultures présentes sur un territoire donné peuvent être visualisés. Ces données ont été obtenues à partir de l’interprétation d’images satellites Sentinel-2 issues du programme européen Copernicus.

L’identification des cultures

« Il s’agit à ce jour de la seule source de données disponible en ligne, informant sur les superficies culturales de l’année écoulée pour onze pays d’Europe continentale », se félicitent Nicolas Beaugendre et Antoine Lefebvre, deux des trois fondateurs, avec Thomas Corpetti, de Kermap, fondée il y a près de quatre ans à Rennes (Ille-et-Vilaine).

« Nous nous étions rendu compte qu’il y avait un fossé technologique entre les outils utilisés par les sociétés de traitement d’images et les dernières innovations de la recherche », explique Antoine Lefebvre, ancien chercheur au CNRS et responsable de la recherche et du développement chez Kermap. Grâce à un algorithme développé en interne, la start-up se fait fort de donner un nouveau sens aux images satellitaires en proposant l’identification des cultures, des couverts intermédiaires ou les taux de couverture des sols et de diffuser facilement les informations via une API (Application programming interface).

Une clientèle très large

Des informations et des services qui intéressent déjà une multitude de clients, comme le ministère de l’Agriculture pour un indicateur de la production fourragère, l’association Earthworm Foundation, des coopératives et des start-up de services agricoles, comme MyEasyFarm et FarmLeap. Les indicateurs extraits des images satellites proposés par Kermap intéressent aussi le secteur des assurances agricoles, pour couvrir les risques climatiques.

En septembre, Kermap devrait aller plus loin et proposer une offre payante en ligne avec des services personnalisés en fonction des besoins de chaque client. À moyen terme, Kermap souhaite pouvoir fournir les images des surfaces culturales en cours de production et établir des rendements potentiels. « Notre cœur de métier n’est pas de proposer du conseil agronomique, mais d’apporter des informations à partir d’images satellites », insiste Nicolas Beaugendre. Pas question de marcher sur les plates-bandes de certains clients. De quinze salariés aujourd’hui, Kermap vise un doublement de l’effectif d’ici trois à quatre ans et un million d’euros de chiffre d’affaires d’ici deux ans.