Est-ce le gène de résistance qui sauvera la filière ? À première vue, les betteraves que Maribo a dévoilées le 23 septembre aux techniciens de l’ITB et des services agronomiques des sucreries sont très prometteuses. Au milieu d’un champ d’essais, qui a été inoculé au stade 2 feuilles par le virus de la jaunisse le 20 mai dernier, les six rangs de betteraves indiqués par le panneau « variété partiellement résistante » tranche nettement par son feuillage vert, par rapport aux autres variétés pourtant considérées comme tolérantes. La couleur du feuillage est certes de bon augure sur la capacité de résistance de la variété, mais c’est sur le poids des racines qu’il faudra la juger.

Maribo indique posséder quatre gènes différents permettant de résister aux trois virus les plus présents en Europe (BYV, BMYV et BChV). Le pari du semencier danois est d’éliminer la présence du virus dans la plante, tandis qu’une variété tolérante va vivre avec le virus. Les deux stratégies ont des avantages et des inconvénients : une variété tolérante craque plus vite face au virus, mais a un meilleur rendement quand il est absent. Pour la variété résistante, c’est l’inverse : quand il n’y a pas de maladie, le potentiel de rendement est à ce jour inférieur de 10 %. C’est souvent ce qui se passe en matière de sélection végétale : on l’a vu dans le passé avec la rhizomanie ou les nématodes. Les variétés vont s’améliorer dans les années à venir, estiment les chercheurs de Mario.