Des planteurs de l’Aisne, premier département betteravier, ont tenu à faire entendre leur mécontentement face à la décision de la CJUE de ne pas renouveler la dérogation des néonicotinoïdes mais aussi démontrer son impact.

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Station-services et supermarchés

Ce vendredi 3 février, plusieurs betteraviers se sont mobilisés, de 15h30 à 17h, sur la station essence de Neuville-Saint-Amand (Aisne), qui distribue entre autres de l’éthanol. Parmi eux, Bruno Cardot, betteravier et administrateur de la CGB, Charlotte Vassant, agricultrice et présidente de la FDSEA de l’Aisne (Usaa02) et plusieurs représentants des JA du même département. Le député Julien Dive (LR) était aussi présent. Les pompes E10 et E85 ont été symboliquement barrées par de la rubalise. “Nous avons voulu montrer ce qu’était un monde sans betteraves, c’est-à-dire sans sucre et sans éthanol”, déclare Bruno Cardot.

Le droit de propriété en question
©CGB

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Même opération quelques minutes plus tard dans l’hypermarché Leclerc de Saint-Quentin. Le rayonnage de sucre blanc et de coca a été matérialisé. « Le coca, c’est symbolique, mais on aurait pu mettre de la rubalise sur la moitié du supermarché », explique l’agriculteur. « Il y a du sucre partout ».

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Des importations de sucre « Néonicotinoïdes »

“Sans betterave, nous avons voulu montrer les importations qui devront combler la production”, précise Emmanuel Pigeon, directeur régional de la CGB des Hauts-de-France. Et Bruno Cardot rajoute : « Une France sans betteraves, c’est une France avec du sucre allemand obtenu avec des betteraves traitées aux néonicotinoïdes. C’est ça qui m’énerve ». En effet, 8 pays de l’union européenne n’ont pas interdit tous les néonicotinoïdes, comme la France l’a fait avec la loi Pompilli. Ils peuvent encore utiliser l’acétamipride, un insecticide foliaire de la même famille. « Quand le ministre de l’agriculture nous dit qu’il va veiller à ce qu’il n’y ait pas de distorsions de concurrence au niveau européen, il se moque ne nous », s’agace l’agriculteur. « On va à la guerre (commerciale) avec un lance-pierre ». Des tracts annonçant la manifestation de mercredi prochain à Paris ont été déposés sur les paquets de sucres.

Suite à cette action, Charlotte Vassant est partie à Amiens pour expliquer le problème sur le plateau de France 3 Picardie.

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