Des camions, des pelles hydrauliques, des engins de chantier, des moissonneuses batteuses… sont garées dans la cour de l’entreprise. Les employés qui entretiennent les 164 véhicules et matériels s’affairent dans les ateliers, tandis que d’autres planifient les transports de betteraves dans les bureaux. Aux Essarts-lès-Sézanne dans la Marne, l’entreprise Mérat tire ses racines de l’agriculture. « Mon grand-père était agriculteur sur une exploitation de 80 hectares et a créé l’Entreprise de travaux agricoles (ETA) dans les années 70 », rappelle le dirigeant. Aujourd’hui, la PME emploie entre 70 et 80 salariés. La plus grande partie de son activité tourne encore autour du secteur agricole : transport de betteraves et de céréales, chargement et déterrage des betteraves, épandage des eaux de sucrerie et de l’industrie agroalimentaire, exploitation de carrières de calcaire et de sable… L’entreprise a également une activité de travaux publics, incluant le terrassement et la location de matériel de chantier avec chauffeur (pelles, bulldozers, etc.). Enfin, 11 000 m2 de bâtiments stockent des pulpes pour Tereos et des pellets de tourteau de colza pour le groupe Saipol.

Pérennisation des emplois

Le développement de l’entreprise, initiée par le père d’Alexandre, s’est fait autour de « la pérennisation des emplois ». L’objectif était de surmonter le manque de fiabilité lié à l’emploi de saisonniers. En créant des activités complémentaires, l’entreprise a ainsi pu offrir des postes permanents à une équipe motivée et qualifiée.

De son côté, la ferme cultive 630 ha de grandes cultures répartis entre le secteur du Sézannais et celui de Vitry-le-François et livre ses 100 ha de betteraves aux sucreries de Connantre (Tereos) et d’Arcis-sur-Aube (Cristal Union).

L’activité de l’entreprise mobilise Alexandre Mérat à plein temps, qui se définit davantage comme un « patron de PME » que comme un agriculteur. Même si « l’agriculture reste une passion, je suis quasiment tout le temps au bureau ». Pour la partie agricole (composée de trois exploitations), les travaux sont réalisés et encadrés par un chef de culture.

Épandage des eaux de sucreries

Mais cette passion pour l’agriculture, le dirigeant peut aussi la développer avec son activité d’épandage des « eaux terreuses » pendant la campagne betteravière, une pratique spécifique à la Champagne où les sols sont filtrants (voir BF 1208 p 9). L’épandage apporte des éléments fertilisants : potasse, phosphore, magnésie et azote… Mais parfois aussi des graines d’adventice. C’est pourquoi Alexandre Mérat a opté pour des semences Smart tolérantes à l’herbicide Conviso. « J’en suis très content, je n’ai plus de problèmes de chénopodes », dit-il.

L’entreprise Mérat travaille en étroite collaboration avec les services agronomiques de Connantre (épandage sur environ 600 ha) et d’Arcis-sur-Aube (1 200 ha). Elle installe plus de 10 km de tuyaux pour relier les six ensembles d’épandage, composés de tracteurs Fendt 1050, d’une bobine de 620 m de long et d’un matériel danois spécifique Agrometer, ainsi qu’un enfouisseur Bonnel de 7m, équipé de dents avec injecteurs. Ce dernier enfouit l’eau entre 15 et 25 cm de profondeur. « Avant, l’épandage en surface provoquait un problème de ruissellement lié au colmatage de la partie superficielle du sol qui induisait la réalisation manuelle de barrages : un travail très pénible », explique Alexandre Mérat. Les bénéfices apportés par ce système sont une meilleure qualité du travail et la réduction de la pénibilité pour les salariés.

Alexandre Mérat vient aussi de se lancer dans l’arrachage de betteraves grâce à une intégrale Ropa Tiger 6 d’occasion, qui vient d’entamer sa deuxième campagne. L’ETA est un pôle d’activité en croissance. Elle propose aussi des prestations complètes de A à Z : préparation de sol, semis (monograine, combiné, semis direct), traitements phytosanitaires (avec un automoteur) et récolte.

Transport de betteraves

L’entreprise assure également le transport et le déterrage des betteraves pour les sucreries de Connantre et d’Arcis-sur-Aube. Des contrats pluriannuels de 5 à 7 ans assurent une bonne visibilité et permettent d’amortir des investissements matériels conséquents composés de huit camions de 44 tonnes, trois pelles Doosan, trois déterreurs à panier Ropa et deux déterreurs mulet pour pallier les pannes. La flotte de camions est optimisée : l’été, c’est la moisson, puis l’amendement calcaire et le sable. Toute l’activité de transport est dédiée au marché local. Les camions siglés « Transports Mérat » n’ont pas fini de sillonner la Champagne !

Exploitation de carrières

Le père d’Alexandre Mérat avait créé une carrière d’amendement calcaire en 1985, à Vinetz. Depuis 2013, l’entreprise exploite également une carrière de sable. Plutôt que de viser les grands volumes du marché des travaux publics, elle a choisi de valoriser son sable en ciblant un marché de niche dans les magasins de bricolage de la région parisienne.