C’était l’un des sujets de revendication qui avaient motivé l’organisation à Bruxelles, le 18 décembre dernier, d’une manifestation réunissant plusieurs milliers d’agriculteurs. La mise en œuvre du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) pour les engrais, dès le 1er janvier 2026, suscitait en effet depuis plusieurs semaines colère et inquiétude au sein du secteur agricole. Le 7 janvier, à l’issue d’une réunion des ministres européens de l’Agriculture organisée par la Commission européenne, le commissaire européen au commerce, Maros Sefcovic, a annoncé que cette taxe serait révisée, pour permettre la suspension de son application aux engrais, avec effet rétroactif. « C’est une excellente nouvelle et un soulagement pour nos agriculteurs », s’est félicitée dans la foulée la ministre française, Annie Genevard, sur son compte X. En amont de cette réunion, le ministère de l’Agriculture avait indiqué que la France avait « des espoirs significatifs d’obtenir gain de cause » en la matière, de nombreux pays ayant finalement rejoint la position française (Autriche, Irlande, Italie, Hongrie, Pologne, Portugal, Roumanie).
Attente d’une baisse du prix des engrais
Dans les rangs des organisations agricoles, cette décision est saluée, bien que la vigilance reste de mise. « Nous attendons désormais rapidement des précisions sur les modalités concrètes de mise en œuvre, estime Antoine Hacard, le président de La Coopération agricole Métiers du grain. Suspendre la taxe ne suffit pas : il faut aller plus loin et mettre en place des mesures structurelles pour sécuriser l’approvisionnement en engrais et garantir une production céréalière en quantité et de qualité. »
De son côté, la FNSEA estime que la « mobilisation massive » du 18 décembre a largement pesé dans cette décision. « Nous attendons désormais une décision officielle et définitive, actée par Bruxelles », mais aussi que les revendeurs d’engrais baissent leurs prix « en application des décisions prises. Nous resterons vigilants. »





