Annoncé il y a tout juste trois ans, lors de l’édition 2023 du Salon de l’agriculture, le « plan d’action stratégique pour l’anticipation du potentiel retrait européen des substances actives et le développement de techniques alternatives pour la protection des cultures », dit Parsada, finance aujourd’hui 44 projets, pour un engagement financier de 175 M€. Quinze d’entre eux concernent les grandes cultures, et 23 ciblent la problématique des insectes ravageurs. Parmi eux figure le projet Asap, qui se focalise sur l’adaptation des bioagresseurs aux méthodes de lutte, alors que plus de 70 substances actives doivent être retirées du marché au cours des prochaines années. « Notre prédiction est que les résistances vont augmenter car le nombre de solutions disponibles diminue. D’où la nécessité d’anticiper ce phénomène pour ne pas rester sans solution de protection », explique Anne-Sophie Walker, ingénieure de recherche à l’Inrae, lors d’une conférence organisée le 24 février, au Salon de l’agriculture.
Cercosporiose et chénopodes en 2026 pour la betterave
Les travaux portent sur l’anticipation et la compréhension des adaptations des bioagresseurs aux méthodes alternatives aux pesticides (confusion sexuelle, filets, biocontrôle), ainsi que sur la réalisation d’un état des lieux des résistances aux méthodes de protection en vigueur et, en particulier, les solutions non concernées par des interdictions. Le projet prévoit également une action de diffusion des connaissances vers les agriculteurs et les conseillers. L’institut technique de la betterave (ITB) participe à ce projet, notamment en ce qui concerne la surveillance des résistances pour les cas à risques. « Pour la betterave, en 2025, les travaux concernaient les pucerons et les graminées. En 2026, ils engloberont également la cercosporiose et les chénopodes », précise Anne-Sophie Walker. L’objectif affiché est de pouvoir faire une mise à jour de la « note commune pour la betterave », un document rédigé par les acteurs de la filière, décrivant l’état actuel des résistances la concernant.
Des travaux portent également sur la rouille brune, un phénomène de résistance au SDHi étant observé depuis un ou deux ans. « 41 % de nos isolats, datant de 2024, étaient résistants durant nos tests. Cette résistance se manifeste surtout dans les souches de rouille brune en expansion », souligne Anne-Sophie Walker.
Le projet Asap, d’une durée de 5 ans, a démarré en janvier 2025. Il bénéficie d’une enveloppe de 7 M€ et regroupe 13 filières.


