La récolte des céréales à paille approche au sud de la Loire. Les températures sont de nouveau supérieures à 30°C-35°C. Aucune précipitation en vue dans les 15 prochains jours. Ces dernières semaines, les conditions de culture du blé d’hiver étaient toutefois meilleures que l’an passé à la même époque malgré la période caniculaire subie au mois de mai, surprenante par son intensité.
Semaine 23, close le 8 juin, FranceAgriMer les avait notées bonnes à très bonnes à 77 %. Elles sont supérieures de sept points par rapport à l’an passé. L’orge d’hiver est aussi mieux appréciée (77 % ; +10 points versus 2025).
Stocks mondiaux de céréales importants
La campagne céréalière 2025-2026 s’achève avec des stocks mondiaux de céréales importants (638 Mt), supérieurs de 50 Mt à leurs niveaux de l’an passé, alors que se profile l’arrivée de la nouvelle production sur les marchés. Tous grains confondus, l’USDA la confirme inférieure de 50 Mt à celle de 2025-2026 mais, dans son rapport du 11 juin, il a redressé ses prévisions du mois de mai de 7 Mt. Aussi, 820 Mt de blé et 1 595 Mt de céréales secondaires seraient récoltées en 2026-2027.
Or, dans l’hémisphère sud, la production 2025 de maïs, juste engrangée, est meilleure qu’escomptée selon l’USDA. En Argentine, elle atteindra 61 Mt, 12 Mt de plus que celle de l’automne austral précédent, alors que le Brésil est parti pour renouveler son score de l’an passé en ensilant environ 140 Mt de grains.
A contrario, la prochaine campagne australe inquiète. « La combinaison des risques géopolitiques, des contraintes d’approvisionnement, de la baisse des stocks des exportateurs et de l’incertitude climatique prépare le terrain pour un marché mondial des céréales plus haussier après 2027 », rapporte Ukragroconsult.
Or la consommation mondiale totale de grains en 2026-2027 est d’ores et déjà annoncée supérieure de 7 Mt à celle de l’an passé (+ 80 Mt sur deux ans) et de 26 Mt à la production.
Mais les marchés semblent insensibles à cette nouvelle donne et à la crise persique. Les cours sont drivés par les stocks. Toutefois, le prix du maïs est très volatil. Il est sous le joug du marché pétrolier. Le 13 juin dernier, la tonne valait 214 € mais elle avait coté 198 € huit jours plus tôt et 218 € le 28 mai. A contrario, le cours du blé était resté stable depuis une dizaine de jours, autour de 195 € la tonne.
L’Union européenne semble achever la campagne en ayant exporté seulement 22 Mt de blé, 9 Mt de moins que les objectifs annoncés par l’USDA. Pour l’orge et le malt, le bilan commercial est excellent : environ 12 Mt équivalent grains ont d’ores et déjà été expédiées.
A contrario, moins de grains ont été importés, notamment d’Ukraine. Contraint par la Commission européenne, le pays n’a expédié que 1 Mt de blé et 7,7 Mt de maïs, soit respectivement 3,5 Mt et 3 Mt de moins que l’an passé.
Pour autant, les importations européennes de maïs seront équivalentes à l’an passé. L’ensemble du continent américain a pallié la relégation de l’Ukraine en livrant 9 Mt de grains, 2 Mt de plus que l’an passé, à l’Espagne, à l’Italie et aux Pays Bas en particulier.
Ces moindres performances commerciales expliquent en partie le bilan mitigé de la campagne d’exportation 2025-2026 de l’Ukraine. Selon Ukragroconsult, seules 12,84 Mt de blé ont été expédiées début juin, soit une baisse de 16,6 % par rapport à l’année précédente (14,97 Mt).
La guerre et l’occupation des territoires de l’Est du pays ont réduit le potentiel de production et les capacités d’exportation de blé du pays. Le gouvernement ukrainien évalue à plus de 11 milliards de dollars les destructions d’entrepôts et de machines agricoles par l’armée russe.
En Chine, la multiplicité des conflits dans le monde menace la souveraineté alimentaire du pays. Aussi, le gouvernement compte sur l’essor des NGT pour produire 725 Mt de céréales par an à l’horizon 2030 et renforcer son taux d’autosuffisance.