Le décrochage est brutal. Au 15 septembre, Agreste (le service de statistiques du ministère de l’Agriculture), estimait la production française de betteraves à 25,4 Mt, contre 35,9 Mt en 2025. Soit une baisse de 29,2 % sur un an et de 22,9 % par rapport à la moyenne 2021-2025. Avec ce niveau, la production tomberait à son plus bas depuis 1980.
La baisse des surfaces n’explique qu’une toute petite partie du recul. Agreste estime la sole à 373 000 ha cette année, contre 398 000 ha en 2025, soit -6 %. Le rendement, lui, passerait de 90,3 à 68,2 t/ha, soit 22,1 t/ha de moins et environ 24,5 % de baisse. C’est cette forte baisse du rendement qui explique l’essentiel du recul de la production des betteraves.
Sécheresse : des alertes dès l’été
Le niveau attendu du rendement intervient après plusieurs alertes de la filière sur les conséquences de la sécheresse et des fortes chaleurs. Fin août, l’Association interprofessionnelle de la betterave et du sucre (AIBS) faisait notamment état d’une campagne marquée par « la sécheresse et les canicules enregistrées depuis le printemps ». L’interprofession signalait alors un développement fortement affecté par le stress hydrique, et une possible baisse de 20 %.
Les premières estimations industrielles allaient dans le même sens puisque Cristal Union annonçait le 3 septembre un rendement attendu en baisse de 25 % en France, avec de fortes disparités entre secteurs.
Les régions les plus touchées sont notamment l’Yonne (Bourgogne-Franche-Comté), et l’Ile-de-France (voire tableau ci-dessous), qui souffrent d’attaques de Rhizopus.
